Manneken-Pis et Youri Gagarine
Avr14

Manneken-Pis et Youri Gagarine

Mais sur Youri Gagarine, que n’a-t-on pas écrit d’aberrations ! Qu’il était le premier astronaute envoyé dans l’espace ! Qu’il avait fait le tour de la Lune, et ainsi qu’il avait été le premier à en voir la face cachée. On ne parlait plus que de Youri Gagarine. PRAVDA NJET ! Car ce jour-là, à la même heure, la même minute, la même seconde est partie de la base militaire de Kleine Brogel une fusée habitée qui avait comme premier objectif de faire des photos de la face cachée de notre Lune. Ca s’est passé dans le plus grand secret, avec l’appui de Théo Lefèvre, notre Premier Ministre. Notre fusée a rencontré sur son passage des filaments de nature inconnue qui ont considérablement modifié les conditions de vol, et notre cosmonaute Bert Degeene n’a rien pu faire d’autre que d’augmenter la vitesse de son bolide, atteignant ainsi des records jamais atteints. Très vite il a dépassé le Soviétique et est parvenu à proximité de la Lune. Il n’avait d’autres alternatives, notre Bert Degeene national, que de cabrer à mort et de prendre un cap face au Soleil, en espérant que la gravitation de cette étoile puisse aider à combattre l’effet de gravitation de la Lune. Et il s’en fallu de peu que les panneaux multidirectionnels et les dipôles rayonnants ne furent arrachés. Déjà la température mesurée sur les parois de l’appareil dépassait les 490 °C et les hublots commençaient un mouvement de tremblement du type Zitterbewegung. Notre compatriote maitrisa enfin son bolide et se mit à photographier la face arrière de la Lune. Il envoya directement ces documents au Centre Spatial Belge de Kleine Brogel. Alors on passa à la seconde phase du programme. Donner un nom à tous les cratères, les cirques, les canaux, les pics et les chaînes de montagnes. La liste était bien sûr préparée à l’avance : Gevers, Tytgat, Ensor, Van Neste, Breughel, Bosch, Lemaître, Franck, Maeterlink, Brel… Mais cependant Youri avait eu le temps de reconnaitre notre véhicule, grâce à la cocarde noire jaune rouge, et il transmit un message à sa base. Et tout se déroula à une vitesse V carré. Une voiture noire Scaldia vint s’arrêter à deux pas de moi, et deux hommes en sortirent. Ils m’emmenèrent séance tenante dans leur véhicule et me conduisirent sans ménagement vers un endroit inconnu. Peu après, notre Premier Ministre reçut un coup de téléphone. – Mon Cher Ministre, votre Tovaritch Manneken-Pis est entre nos mains et ne vous sera rendu que si vous faites revenir Bart Degeen ni vu ni connu et que vous étouffez toute cette histoire. Pour bien me faire comprendre, il...

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Manneken-Pis et les 20 ans du BEL20

Tous les anniversaires s’accompagnent toujours d’un bon dîner. Mais alors, quel diner ! Et quel monde ! On m’a installé à côté de Jérôme K, celui qui avait arnaqué la Société Générale de quelques cinq milliards d’euros. Le Président de la Bourse de Bruxelles avait fait un discours très applaudi. Il nous annonçait que, pour fêter les 20 ans de cette institution, il avait fait admettre à la Bourse, à l’instar des métaux tels que le cuivre ou l’aluminium, des matières organiques comme les choux de Bruxelles et les petits pois. Je glissai un mot à mon voisin : – Personnellement je ne pense pas que ce soit réalisable, – Et pourquoi pas ? – Parce qu’on achète des valeurs dans l’attente qu’elles augmentent de valeur. Mais on ne peut pas faire cette longue opération sur un légume frais, tout de même. – Mais si, bien sûr qu’on peut spéculer sur des choux de Bruxelles. – Vous pensez ? – Mais Manneken, ces légumes frais, rien ne nous empêche de les mettre en conserves. Ils ne se dégradent pas. Il me semble que c’est même doublement intéressant. L’emballage est constitué de fer blanc qui, lui aussi, est coté en bourse. A longue échéance, toutes les valeurs ont tendance à augmenter. Et dans ce cas-ci, l’investiteur y gagnerait deux fois. Le lendemain, je passai chez mon épicier et lui achetai 100 grammes de petits pois et 150 grammes de choux de Bruxelles. Je mis le tout dans une boîte à conserve et je complétais avec de l’eau. Je coulai de la paraffine et je l’obturai au moyen d’un film plastique et d’un élastique. A la banque, je demandai combien coûtait une assurance vol pour cet article, mais je fus rassuré quand on me certifia que les objets entreposés dans un coffre étaient couverts d’office, sauf s’il s’agit d’objets de grandes valeur. – Voilà qui est fait. Il suffit d’attendre et de voir ce qu’il se passe. La prudence est la mère de la porcelaine, non ? J’étais satisfait d’avoir pris toutes les précautions qui s’imposent. Rentré chez moi, un e-mail m’attendait. Jérôme K voulait me voir. On se fixa rendez-vous dans un restaurant végétarien près de chez moi, et c’est là qu’il me fit une proposition alléchante. -Manneken, j’achète dix tonnes de petits pois et vingt tonnes de choux de Bruxelles. Je te charge de les conditionner dans des boîtes à conserves, et de les transporter dans ma cave. Et tu recevras une commission. – Mais quoi, Jérôme, tu oses te lancer à grande échelle sur une telle opération ? As-tu bien mesuré les risques ? – C’est que cette...

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Manneken-Pis et les ventes d’armes
Avr08

Manneken-Pis et les ventes d’armes

Installés au café « Au Roi d’Espagne », nous discutions de tout et de rien. C’est-à-dire des ventes d’armes de guerre. Il y avait mon ami Jean, fabriquant de toutes les armes possibles, depuis les catapultes jusqu’au porte-avions. Il était accompagné de son épouse. Une vendeuse de fleurs passait de table en table. Je lui fis un signe discret, et elle passa s’arrêta à côté de moi. – Une botte de tulipes rouge foncé, s’il vous plaît. C’est pour Madame. – Et donc, malgré le fait qu’il y ait une production annuelle de munitions de l’ordre de 15 milliards de dollars par an dans le monde, tu n’es pas satisfait de ton chiffre d’affaire ? – C’est que la concurrence est épouvantable. Tiens, les contrats sont assortis de cadeaux plus attrayants les uns que les autres. Je ne parle pas des pots de vin. Un voyage à Louxor, tous frais payés, pendant deux semaines avec une escorte girl. Une chasse aux tigres à dos d’éléphant au Cachemire. Un week-end de visite des différents parlements belges : le fédéral, les régionaux et ceux des communautés. – Je vois. Et tu es obligé de faire de même. – Bien sûr, mais les budgets ne le permettent pas. Je me mis à réfléchir et puis je lui tins à peu près ce langage, celui-là même que l’évêque Remi tint à Clovis : – Brûle ce que tu as adoré et adore ce que tu as brûlé. Et je le saluai en sortant, en payant la note, bien sûr. Je le revis quelque mois après. Il m’avait téléphoné pour se rencontrer à « La Brouette ». Ces yeux pétillaient de joie. Il était avec son épouse et il m’invita à manger. – Je n’ai pas compris tout de suite la portée de ton conseil, mais je l’ai suivi, et maintenant mes commandes affluent de tous côtés. Je ne sais plus suivre. – Bon. Explique-moi tout ça. – C’est très simple. Il y a d’abord les cartouches. Elles sont emballées séparément comme des caramels. Et la première cartouche de la commande est gratuite. – Pas mal. – Et puis il y a les chars d’assaut. La peinture est au choix du client : rouge pompier, rose tendre, violet ou blanc. – Pas mal du tout. – Oui, et on a ajouté une chenille de rechange et un cric. – Awel ! – Alors il y a les avions. On a intégralement modifié le look. As-tu déjà entendu parler du mimétisme ? On les a peints de telle manière à ce que l’avant est en réalité l’arrière de l’appareil. Pour troubler la chasse ennemie. –...

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Manneken-Pis et le changement de l’heure

J’ai toujours rêvé de recevoir le Prix Nobel de quelque chose. Et je suis persuadé qu’un jour on me le décernera. Peut-être dans un avenir très proche, même. De toute façon, je vais introduire ma demande maintenant, accompagnée d’un dossier bien ficelé. De quatre mille six cent cinquante-sept pages. De quoi s’agit-il ? Du passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été. Quoi ? Obliger tout le monde de se lever à 3 heures du matin pour changer l’heure de sa montre ? Vous voulez rire ? Il n’en est simplement pas question. On change l’heure de sa montre pour obtenir un écart entre l’heure solaire et l’heure de sa montre. Ca va de soi. Et on fait cette opération deux fois par an. On commence à Moscou, puis à Prague, à Amsterdam, à Paris, à Dakar. Car il est trois heures du matin petit à petit partout sur la planète. J’ai proposé, dans mon mémoire de quatre mille six cent cinquante-sept pages, d’arriver à l’heure d’été sans s’occuper de sa montre. Vous rendez-vous compte de l’économie que ça représente ? J’ai estimé cette économie, à l’échelle de l’Europe, à deux milliards d’euros. Rien qu’en comptant les horloges des gares et des églises, à raison de cinq minutes de chipotage par horloge, et de 24 € de l’heure de travail. Ma voisine, qui tient un café rue du Lombard, ne veut pas me croire. – Ecoute, Mieke, l’heure du soleil dépend du fuseau horaire où on se trouve. Et il est midi quand le soleil est au dessus du méridien de Greenwich. De l’autre coté, quelque part dans le Pacifique, au méridien opposé, qui est à 180 ° de longitude, c’est la nuit et il est minuit. Et tout ceci est une convention. On a décidé que c’est comme ça. – Oui, Manneken, mais tu devras tout de même chipoter à ta montre, même si tu es à Greenwich, ou à Vladivostok. – Donne- moi encore une bière, et tais-toi un peu. Si, au lieu de changer les aiguilles de sa montre, on décide qu’il est midi quand le soleil est au dessus de Berlin, il sera peut-être onze heure au même moment à Greenwich. Et donc, on obtient un écart entre l’heure du soleil et l’heure de sa montre sans bouger aux aiguilles de sa montre. – Oui, mais tu dois tout de même changer l’heure à ta montre. – Ecoute-moi sans tout le temps ouvrir la bouche. Donc, pour un voyageur qui est dans l’avion de Bruxelles à New-York, si l’air hotess décide de changer de fuseau horaire de cinq heures, le voyage ne durera que deux heures....

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Manneken Pis et la Journée Mondiale de l’Eau

L’autre jour, quand j’étais à New-York où on m’attendait pour la session de l’ONU qui avait à l’ordre du jour « Economisons l’eau et supprimons les fontaines », et en route pour Pékin, pour passer commande pour un costume sur mesure qui manquait dans ma collection, je me suis dit qu’après tout, la vie sur terre était finalement bien courte, et déjà je songeais à la nécessité d’établir mon testament sans trop tarder. Car je voyais mon avenir sous un jour bien sombre. A New York, j’ai pris la parole pour défendre le maintien des fontaines. J’avais pris avec moi quelques fioles de cette précieuse eau de ma fontaine, et Rockfeller l’a beaucoup appréciée, et m’a demandé d’où elle provenait. Je n’en savais strictement rien ; aussi je lui répondis qu’elle venait de la Senne, mais que ce cours d’eau était en voie d’assèchement. Alors ce généreux sénateur m’a offert de construire, aux frais de l’UNO, un barrage immense pour réduire le débit des chutes du Niagara et de conduire ainsi cette eau par pipelines jusqu’à Bruxelles, via la France C’est à ce moment que Silberstein, représentant l’Etat d’Israël, a dit que l’ONU pourrait peut-être financer le placement d’un pipeline, mais que le barrage serait à charge du Gouvernement Belge. Quand je lui eu dit que ce Gouvernement était démissionnaire, et ne s’occupait que des « affaires courantes », alors il m’a dit que ça ne posait pas de problèmes, puisqu’il s’agissait d’eau courante. – Cette opération d’amenée de l’eau du Niagara portera le nom de PIPI. Qu’en pensez-vous ? – Et pourquoi PIPI ? – Eh bien, PI comme pipeline, et puis PI comme PALATKA en Floride, départ du pipeline vers l’océan, et ISIGNY arrivée du pipeline au Calvados. Considérant que les résultats des négociations avançaient positivement, j’ai poursuivi allègrement mon voyage vers la Chine. A Pékin j’étais invité par Miss Chine à la cérémonie du thé. Comble de malchance, il y avait une coupure d’eau. Il me restait encore de l’eau de ma fontaine, et on a bu un thé extraordinairement parfumé. – Quelle chance vous avez, Manneken, de posséder une eau si délicieuse. D’où provient-elle ? Je lui expliquai que c’était l’eau de ma fontaine, mais qu’elle risquait bien de disparaître. – Que c’est dommage. Mais je vais tacher de trouver une solution à votre problème. Le thé était excellent. Après la cérémonie Miss Chine s’est occupé de mon costume « Buveur de thé ». Elle a voulu à tout prix prendre mes mensurations elle-même. C’était chouette. Ca a bien duré une bonne heure. En rentrant à l’hôtel, on m’avait déposé un message du Président Hu Jintao. « Manneken,...

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Manneken-Pis et la journée mondiale de la femme

Vive la Journée de la Femme ! Je n’ai jamais ressenti autant de plaisir et de joie qu’en cette occasion. Pas le moindre bruit, aucun vrombissement de mobylette. Même pas un avion qui décolle de la piste 25R. Le silence parfait. C’est cool ! C’est que la ville est déserte. Pas l’ombre d’un chat. Rien ne bouge. Quel délicieux rêve ! Comment est-ce possible ? La petite Sœur Eve, qui était auprès de moi à la Saint Valentin, doit arriver avec le train de 11h23. J’ai le temps d’aller à la gare à pied. Mais que la ville me semble vide aujourd’hui. Arrivé à la gare, il n’y a personne nulle part. Les écrans sont éteints. Les guichets sont fermés. Pas un seul mouvement sur les quais. Aucun train en vue. Et je suis là tout seul à attendre. C’est bizarre au possible. C’est un peu comme une grève générale réussie. C’est super ! J’ai bien l’impression que Sœur Eve ne viendra pas. Mais alors, ce dîner en tête à tête à l’occasion de la Journée de la Femme, ça tombe à l’eau. Et justement j’ai un sérieux petit creux. Donc je vais manger tout seul. Près de chez moi, à la Grand Place, je trouverai bien de quoi me satisfaire. Mais là, c’est le comble, le restaurant est bel et bien fermé. Ainsi que l’autre, à côté. Ainsi que la taverne, la brasserie et le relais. Ils sont tous fermés. Et même le café « Le Cercueil », à la rue des Harengs. Que faire, sinon rentrer chez soi J’entends le bruit d’une sirène. Une ambulance. Elle s’arrête au signal, non loin de moi. – Où allez-vous comme ça ? – A la maternité. Un cas urgent. Et elle repart au vert.. L’école est fermée aussi. Pas d’avis sur la porte. A peine arrivé, j’ouvre une boîte de saucisses de Francfort et j’allume la TV. Elle ne donne pas signe de vie, à part des bêtises. Ah, tout de même quelque chose de sérieux : la météo, avec les cartes des fronts. C’est bientôt l’heure du JT, et je vais enfin être informé de la situation. Mais j’attends et il ne se passe rien d’autre qu’un flash publicitaire que j’ai déjà vu une bonne centaine de fois, sur les couvertures électriques qui vous font dormir sans couverture. Et ensuite, l’heure des enfants avec quelques dessins animés. Et puis tout à coup il y a un texte : « En cette Journée Mondiale de la Femme, la consigne a été bien suivie. Les femmes sont parties. Les hommes sont restés à la maison pour faire la vaisselle, nettoyer la maison,...

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Manneken-Pis et la fraude dans le métro
Mar13

Manneken-Pis et la fraude dans le métro

J’ai un chat. De pure race. Je devrais plutôt dire qu’il est d’une grande lignée. Du moins, il le prétend, et je fais semblant de le croire, pour lui faire plaisir. Car il se dit un descendant du Chat Botté. C’est pour cette raison que je l’ai appelé Carabas. Je lui racontai l’aventure qui s’était passée dans la station de métro. – Alors, Carabas, j’étais près du portillon, en train de passer mon MOBIB, et l’ouverture de la porte s’était enclenchée lorsque deux individus, qui étaient derrière moi, se ruèrent à toute vitesse pour franchir ce portillon. Alors la porte s’est refermée, m’interdisant l’accès, et m’obligeant à repasser mon MOBIB. – Mais mon Maître, ça ne se passera pas comme ça. Allons donc, je Vous prie, ensemble voir ce qu’il en est. Et nous voilà en route pour la station Gare de l’Ouest, mon chat contre ma poitrine sous mon blazer. El la scène se reproduisit : un ado se faufila devant une personne et franchit le portillon. Mais en un rien de temps, Carabas sauta de mon blazer et bondit au dessus du portillon. Il ne lui fallu pas longtemps pour s’installer au cou du fraudeur, toutes griffes sorties. Le pauvre se mit à crier comme un diable. – Crie donc un peu plus fort, car je t’entends à peine, lui dit Carabas, en faisant glisser ses pattes le long du cou de sa victime. Et si l’envie te prend de repasser le portillon sans payer, n’hésite pas un seul instant, car j’ai un réel besoin d’aiguiser mes griffes. A peine rentré, il me dit qu’il avait quelques occupations à faire et qu’il s’absenterait de la nuit. Et il s’en alla. Le lendemain, il n’était toujours pas là quand je me mis en route pour l’exposition du Cinquantenaire. Mais alors, quel spectacle au métro ! Devant le portillon se trouvait un chat roux, devant l’autre portillon se trouvait un chat blanc et noir, et encore un chat noir plus loin, et encore d’autres aux endroits stratégiques. En descendant à la station Schuman, je retrouvai Carabas donnant ses instructions à une dizaine de chats. – Toi, Plastron, tu t’installes devant le portillon vers Stockel, et toi, Perruque, devant le portillon vers Erasme. En me voyant, il m’aborda avec un large sourire : – Voyez donc, mon Maître, comment j’ai rétabli l’ordre et la sécurité en ces lieux. Mes troupes sont installées à toutes les stations de la ville. Comme Vous le constatez, les fraudeurs ont quitté les lieux et, aux dernières nouvelles, ils seraient en route pour Paris. Ceci dit, mon Maître, Vous irez, ne Vous déplaise, chez Monseigneur...

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Manneken-Pis et le clonage
Mar03

Manneken-Pis et le clonage

Voilà déjà pas mal de temps que je me rends compte qu’on me cache quelque chose. Mais diable, c’est quoi donc qu’on me cache ? Ca a commencé quand j’ai remarqué que de plus en plus d’hommes passaient me voir. Oui, d’habitude j’ai plus de succès auprès de la gente féminine, mais brusquement il y avait un afflux d’hommes d’affaires, qui me regardaient avec attention, en discutant. Vraiment, je me croyais presque cobaye dans un auditorium où se donnait un cours au sujet d’un cas exceptionnel de maladie rare. D’ailleurs, rien qu’à les entendre parler entre eux… – Tu as vu ses dents ? On pourrait essayer là, non ? – Je préfèrerais partir de la moelle épinière. C’est plus sûr. – Dans son cas, je partirais de son gros orteil. Un jour, c’était un groupe de japonais, un autre jour il me semblait qu’il s’agissait de personnes parlant le russe. Et ce qui m’intriguait, c’est qu’ils ne faisaient jamais de photos. Enfin un matin vers les dix heures, une camionnette s’arrêta contre les grilles, et deux hommes en sortirent. Ils étaient vêtus d’une espèce de camisole, et portaient sur leur tête une sorte de béret comme en portent les soldats cubains. Ils parlaient parfaitement le français, avec un accent prononcé de brusselaire. – Allez, ça va. Il rentrera bien dedans. – Ok, mais n’oublie pas les sangles, comme la fois passée, avec cette vieille statue. – C’est bon. Y a plus qu’à prévenir le chef que c’est en ordre pour demain. Ca y est. J’ai tout compris. On va m’amener vite fait dans une maison de fous. Ce soir là, il y avait une réception à l’Hôtel de Ville, pour fêter les noces d’or de quelques couples. J’en profitai pour aborder l’Echevin de la Population. – Alors Jules, on me prend pour un fou ici ? Et on me traite de vieille statue. Qu’est-ce que ça veut dire ? – Hein ? Mais de quoi tu parles ? – Eh bien, il parait qu’on vient me chercher demain pour me mener à l’asile. – Mais tu n’y es pas. Demain on te fait une prise d’ADN. – ADN ? Et pourquoi ? Je me sens tout à fait bien. – C’est pas ça le problème. On a fait des tas de photos de toi. Des tas de statuettes. Des vidéos, et tout ce que tu peux imaginer. Tu es dans les magasins du monde entier. Tout le monde te connait. Et maintenant on paie le prix de ton succès. Plus rien de toi ne se vend. Trop c’est te veel, comme on dit. Alors on a pensé à...

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Manneken-	Pis et la Volonté du Peuple
Fév27

Manneken- Pis et la Volonté du Peuple

Ah, la belle époque, le bon vieux temps… Quand on jouait au diabolo, qu’on lançait le diabolo double cônes à près de dix mètres en l’air et que mon copain devait le rattraper sur le fil de ses deux bâtons, pour me le relancer. Je ne vous cacherai pas qu’au début je n’en menais pas large. Il fallait l’attraper. Et de préférence pas sur la tête ! Tout ça, c’est du passé. Mais du passé proche. Et ça n’a été réalisable que grâce au fameux nombre π. Oui, de ce nombre π = 3,141 592 653 589 793 238 462 643 383 279 Hé, attendez ! Je n’ai pas fini… A cette époque, mon oncle qui enseignait à l’ULB, en polytechnique, me parlait souvent de ce nombre monstrueux, qui n’avait pas de fin, et donc qu’on ne peut utiliser qu’avec une imprécision dont on voudrait volontiers se passer. Mais revenons- en au fait. La vitesse de rotation du bicône est fonction du diamètre du cône, et du nombre π. Et cette vitesse est justement ce qui détermine un bon lancement du bicône. Si sa vitesse de rotation est trop faible, le bicône ne pourra pas décoller, et tombera par terre. Ce vilain nombre est toujours quelque part où en a pas besoin de lui. Mais que voulez-vous… Ceci dit, je vais vous montrer en quoi cette métaphore peut nous éclairer sur que qu’il se passe actuellement. Le double cône, c’est le monstre, le diable, qui est la proie du mal, à cause de la présence du vilain nombre π. C’est le Pouvoir. Le joueur qui lance le double cône détient le pouvoir. Et la corde sur laquelle le bicône doit atterrir après son voyage aérien, représente la Démocratie, la Liberté, sous la forme de la voix du peule, c’est-à-dire les Elections. Le Dictateur essayera toujours de garder le bicône sur sa corde, et s’il l’envoie en l’air, c’est pour qu’il revienne sur sa corde, et puis encore sur sa corde, et toujours sur sa corde. Il est normal que son partenaire de jeu, l’Opposant au Pouvoir, qui désire accéder à une démocratie, à une liberté d’opinion, une liberté de la presse, tente de récupérer le bicône, au besoin par la force. Il ne demandera pas mieux de partager le pouvoir ou même de renoncer au pouvoir si telle est la décision du peuple souverain. A cause du fameux nombre π, le pouvoir est toujours quelque chose de difficile, sinon de périlleux. A cause de ce fameux nombre π, la démocratie est toujours quelque chose de difficile à obtenir. Et même quand on la possède, il est toujours difficile de...

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Manneken-Pis veut vendre un terrain
Fév26

Manneken-Pis veut vendre un terrain

Je possède un terrain situé en pays flamand. C’est un beau terrain, boisé et pas bien grand. Quand je dis boisé, en fait il y a beaucoup plus d’arbres dans la partie nord que dans la partie sud. Mais je voudrais le vendre car, étant en zone verte, il ne rapporte rien. – Je vous conseille de le mettre en vente publique – Quoi, on peut faire une vente publique pour un terrain ? – Mais Monsieur, on peut tout mettre en vente publique. – Et bon peut imaginer une vente publique qui va en diminuant les offres ? – Je vois ce que vous voulez dire. Aux Pays-Bas, à Edam, les ventes de fromages au marché hebdomadaire se font en partant d’un prix excessif, et les prix diminuent. Le premier qui se manifeste obtient le lot. Mais en Belgique je ne crois pas que ça se fait. J’ai quitté mon notaire en lui disant que j’allais réfléchir et je me suis rendu au Marché aux Puces. Chez Rose-Marie j ai trouvé un plateau à fromages qui me tentait. – C’est combien ? – C’est 150 €. Un vrai Vieux Bruxelles. Regardez la marque sur son dos. – Allez donc, j’en offre 100 € – Je veux bien vous le céder à 130 €. Voyez comme il parfait. Pas un éclat, pas ébréché. Vous ne trouverez nulle part un pareil. Finalement on s’est mis d’accord pour 125 €. Le lendemain j’ai été à la gare. Je voulais visiter l’exposition « Entre le Paradis et l’Enfer », au Musée du Cinquantenaire. – Une Key Card, s’il vous plaît. – C’est 20 € – J’offre 12 € – Non, Monsieur, c’est 20 € – Pas plus que 12 € – Non Monsieur, j’ai dit 20 . – Mais Monsieur, vous plaisantez ? Et encore, je demande une première classe pour ce prix. Ces négociations n’ont pas abouti. Au plus il restait sur ses positions, au plus j’exigeais. A la fin je demandais même qu’une jolie fille s’asseye en face de moi. Franchement, c’était un dur à cuire, ce gars-là. Je suis retourné chez mon notaire. – Dites-moi, qui est gagnant, lors d’une vente publique ? Le vendeur, ou l’acheteur ? – A vrai dire, ils sont tous les deux gagnants. Le vendeur qui, s’il n’est pas satisfait, peut annuler la vente, et l’acheteur qui, à tout moment, peut se retirer de la vente. Mais ce qui compte, c’est de connaître la valeur de l’objet. Et le problème est bien là. Prenons par exemple un violon. Quelle valeur faut-il prendre ? La valeur luthier ? Le nom de son fabricant ? La...

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Manneken-Pis est invité au mariage du siècle
Fév21

Manneken-Pis est invité au mariage du siècle

L’invitation m’est parvenue dans la soirée. On m’attend à l’Abbaye de Westminster, pour la célébration du mariage du Prince William et de Kate Middleton. J’ai accepté cette invitation sous réserve de pouvoir me libérer. J’ai déjà sur mon agenda la Légion Etrangère, Spirou, la Croix Rouge et les Moines tibétins. Et puis, il y a les affaires. Mes affaires. Vous devez savoir que je suis à la tête d’une petite société de vente d’engrais biologiques, sise au Quartier des Marolles. Mais les affaires ne marchent pas tellement bien. Rien à voir avec la crise. Les matières premières sont parfois bien difficiles à se procurer. Ainsi le crottin de cheval se fait rare, et ça pose un réel problème à l’échelle mondiale. A Bruxelles, Angela Merkel en a touché un mot à Nicolas Sarkozy, en insistant sur le triste sort des petits moineaux, qui se nourrissent essentiellement de cette denrée vitale. Et j’ai pu assister à quelque chose d’extraordinaire : Sarkozy se mettre à pleurer à chaudes larmes, en disant « Je vais m’en occuper personnellement ». D’ailleurs le cours du crottin à la Bourse de Bruxelles ne fait que monter. Un de mes amis, qui est trader, m’a conseillé d’en acheter à titre personnel, car c’est une valeur refuge indiscutable. Il m’a dit que son cours atteindrait et dépasserait même le cours du baril du pétrole brut, et qu’il en a placé dans un coffre à sa banque. Bon, en ce qui concerne ma société, les principaux fournisseurs sont évidemment les manèges et les courses de chevaux. Mais que voulez-vous, au manège, les chevaux sont souvent en ballades et là, la marchandise est irrécupérable. A l’hippodrome, le marché est entre les mains des jockeys, un monde très fermé. Il y a encore les chevaux de la Gendarmerie, mais il n’y a pas moyen d’obtenir un contrat, car le Gouvernement est toujours en affaires courantes. Reste le cirque, et là je suis bien placé ; on me livre après chaque spectacle. Mais ce n’est pas suffisant. Aussi ne faut-il pas rater cette occasion unique, le carrosse royal attelé de deux chevaux blancs qui traversera Londres. Donc j’irai à Westminster, habillé en costume du 6e Régiment de la Scotish Royal Guard, ou quelque chose de similaire. Jupe, chaussettes haut de jambe, une veste kaki et un béret vert orné d’un motif à l’image d’un épi d’orge. Et puis, filer dare-dare à Londres, aux Ecuries du Palais, attacher des sacs spéciaux à l’arrière des  blanches montures. Et rejoindre la réception, comme si de rien n’était, et prendre un verre tout en engageant la conversation avec Lady Kate. Mais voilà, j’ai rêvé la...

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Manneken-Pis et la Foire du livre de Bruxelles
Fév18

Manneken-Pis et la Foire du livre de Bruxelles

On fait parfois des rencontres vraiment bizarres. C’était dans le métro. Sur la plateforme, un homme d’un certain âge, le visage cramoisi comme un soulard, m’adresse la parole. – Vous allez aussi visiter la Foire du Livre ? – Bien sûr. J’y vais tous les ans. – Et qu’est-ce qui vous intéresse ? – Les biographies des hommes obscurs. Ceux dont on n’ose pas parler. – Par exemple ? – Des livres sur le diable, sur la puissance du mal Je voyais mon interlocuteur me regarder avec un air soupçonneux. – Vous y croyez, au diable ? Mais on était déjà arrivé, et il disparut. De mon coté, je ne perdis pas mon temps. Un de mes amis tenait un stand spécialisé sur les problèmes surnaturels. Il me montra un livre du début du siècle passé, qui parlait du pouvoir de la pensée sur la mobilité des corps cachés ; « Über die Beweglichkeit der versteckten Gegenständen ». J’étais intrigué par le titre de l’ouvrage, et décidai de le prendre, malgré qu’il fût écrit en allemand. Au moment de quitter le stand, j’ai cru apercevoir mon soulard quitter le même stand. Un peu plus loin il y avait un autre stand, spécialisé dans ce genre de littérature. Cette fois-ci mon regard fut attiré par une reliure rouge « De l’immobilité transcendante des choses et de leur mobilité apparente », édité à Amsterdam en 1815. – Vous connaissez cet auteur ? – Comment ? Son nom ne vous dit rien ? C’est un disciple de Kant. – Ah bon. Je suis curieux de connaitre son point de vue à ce sujet. Mais il me semble qu’on ait écrit beaucoup sur ce sujet. – Vous avez raison, mais je dirais plutôt que ça revient à la mode. Si ça vous intéresse, j’ai ici un excellent bouquin. Tenez : « La disparition calculée. » Il s’agit d’une enquête sur la disparition inexpliquée d’objets ayant appartenus à des célébrités. C’est un vrai suspens. – Bah ! C’est romancé. – Pas le moins du monde. Vous vous souvenez du mariage de Joséphine Charlotte ? Son frère, le Roi Baudouin, y est allé, mais n’avait pas son sabre. On a envoyé un motocycliste de la garde rechercher en vitesse le sabre en question. Mais là n’est pas le problème. Il devait être dans la chambre du souverain, au château de Laeken, mais il était introuvable. – Et alors ? – On l’a finalement trouvé, mais au Palais de Bruxelles. La lame était tachée de sang. – Bizarre. – Oui, mais encore plus bizarre, c’est que le lion de Waterloo avait été peinturluré de rouge. – Ca alors ! Je quittais le...

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Manneken-Pis fête la Saint Valentin
Fév14

Manneken-Pis fête la Saint Valentin

Cette année, nous ne fêterons pas la Saint Valentin. Le gouvernement, étant en affaires courantes, ne peut pas engager des frais pour le pays dans les neuf mois qui suivront les effets de cette manifestation. – Quoi ? m’a demandé mon ami Karelke, qu’est qui empêcherait notre gouvernement de légiférer en la matière ? – Eh bien, tu vois, autoriser la célébration de la Saint Valentin signifie de prévoir des budgets supplémentaires pour primes de naissances, allocations familiales pour les nouveaux nés, et tout ça notre gouvernement ne peut pas faire voter. – Mais cette manifestation apporte beaucoup d’argent à l’Etat, sous forme de TVA, non ? Pense un peu à tous ces dîners en tête à tête. – Oui, et ce sera donc un manque à gagner pour le prochain budget – Ca va de soi. Mais alors ? – Ne t’en fais pas. On a un plan B. – Raconte. – On fait l’opération « Soutanes ». Pense à tous nos prêtres, nos curés, nos abbés, nos nonnettes, nos bonnes sœurs dans les ordres. Ils sont mariés avec l’Eglise mais ils ne participent jamais à la fête de Saint Valentin. C’est vraiment dommage. Alors on leur donne une chance. – Vraiment ? – Oui. Tout les gens qui sont non pratiquants, les laïques et tous ceux qui le veulent, invitent un prêtre ou une petite sœur pour un dîner en tête à tête dans un petit resto sympa. Et ça s’arrête là. C’est le geste qui compte. – C’est chouette, cette idée. Et tu participes ? – Oui. J’avais placé une petite annonce dans l’Osservatore Romano et c’est une petite sœur, Sœur Eve, qui sera mon invitée. J’ai réservé une table dans un resto du Brabant Flamand « In den Gouden Slang ». – Et le menu ? – Je ne sais plus. Ah oui, il avait été convenu, à l’échelle de la Belgique, de ne pas servir de coeurs de Saint Valentin comme dessert, suite à l’interdiction de montrer des signes apparents de religions. J’ai simplement demandé des pommes comme dessert. Crêpes aux pommes, façon Francis Pommier, grand chef avec une étoile au guide Michelin. Mais il y a tout de même un petit problème. – Quoi ça ? – Eh bien, Sœur Eve, elle commence son repas avec une petite prière. – Et alors ? C’est son problème. – Eh bien, je ne voudrais pas être en reste. Mais je ne prie pas, moi. – Tu sais quoi : tu n’as qu’à prier à voix basse. Je vais te faire une petite prière. Je l’ai déjà dans ma tête : J’espère et je prie pour...

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Manneken-Pis et la circulation à Bruxelles
Jan29

Manneken-Pis et la circulation à Bruxelles

Mais ne voilà-t-il pas que nos édiles ont limité la vitesse des véhicules à 30 km par heure, à l’intérieur de la petite ceinture. Bien sûr, je suis concerné, moi, car j’utilise les taxis. Mais les autres, ceux qui se déplacent en vélo ? A cheval ? En skateboard ? Ils n’ont pas de limitation à 30 km par heure, eux ? Peut-on imaginer des files de voitures qui se font dépasser par des cavaliers, par des jeunes à patins à roulettes ? Bonjour les accidents ! D’ailleurs je trouve cette mesure aberrante. D’abord parce que notre monde évolue. Depuis les années 60, on a repensé les transports ferroviaires, et les trains roulent à plus de 300 km par heure actuellement. Tout en marchant, arrivé rue Stassart, voilà qu’une femme fort court vêtue, sac à main en bandoulière, m’aborde pour me demander du feu, avec un regard espiègle. Perdu dans mes pensées, je lui dis – Etes-vous pour la vitesse, ou préférez-vous prendre le temps comme il vient ? – Oh, Monsieur, moi je prends le temps pour ce qu’il est. Il ne faut pas se presser, non ? C’est le même prix. – Et les gens qui passent en skateboard à toute allure, ça vous choque ? – Ca sont les jeunes. Des étoiles filantes comme ceux-là, ça ne fait pas marcher le commerce. Tiens l’autre jour, il y avait deux cavaliers qui se sont arrêtés. Ils n’étaient pas pressés du tout. Ils ont attachés leur monture à une borne de parking. Ceux-là, on peut dire qu’ils dépensent leur fric. Bon, je me dis : pour faire marcher le commerce, mieux vaut une ville à trafic lent. Mais il me parait évident que si tous les véhicules à moteur ou non se déplacent à une allure de mille pattes, il y aura certainement des embouteillages monstres dans le centre de la ville. Nos édiles se sont-ils penchés sur cette problématique ? Un peu plus loin, il y avait une affiche pour une course au trot attelé à l’hippodrome de Boitsfort. Bon, ça tombe bien, je pourrai encore y aller. Est-ce à ce moment que j’ai eu l’idée de ma vie ? L’arrivée des attelages devant les grilles, le coup du départ et puis cette ruée qui prend rapidement une vitesse énorme, les coups de cravache du joker, l’effort de l’autre qui, loin derrière, se cambre contre le cou de l’animal, pour réduire au maximum la résistance de l’air. Le minibus, sur l’allée latérale, qui roule à la même vitesse que le groupe d’attelages. La photo finish à l’arrivée. Le sourire du vainqueur qui reçoit un bouquet d’une fort jolie demoiselle…...

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Manneken-Pis et les retards du chemin de fer

Au Congrès du Chemin de Fer, qui a tenu ses assises récemment à Grand Big Gare, quelque part pas loin de Bruxelles le problème des retards des trains a été évoqué. La Belgique a été pointée du doigt. Je n’ai pas manqué de souligner, au contraire, la régularité de la SNCB, vu que pour rendre visite à mon cousin, je suis arrivé à Grammont avec un retard de 35 minutes pour l’aller, et de 35 minutes pour le retour. On a alors analysé les remèdes qui devaient être apportés au système ferroviaire, pour améliorer la situation. Un convoyeur a lancé une idée qui valait la peine d’être approfondie. Il a suggéré qu’en faisant rouler les trains plus vite, ils arriveraient plus tôt. Comment faire ? C’est fou comme on peut avoir des idées quand on travaille en groupe ! En augmentant le diamètre des roues motrices, on parcourrait une plus grande distance par tour de roue. En ne s’arrêtant pas à certaines gares, on gagnerait du temps. Une femme, blonde bien sûr, a combattu cette proposition : – Si vous allez de Bruxelles Midi à Bruxelles Central, sur cette petite distance, vous n’enregistrerez pas de retard. De même entre Bruxelles Central et Bruxelles Nord, ainsi que de Bruxelles Nord à Schaerbeek. Donc je propose que les trains s’arrêtent à toutes les gares, et même qu’on ajoute des gares arrêts supplémentaires. Quand un sous-chef a émis l’idée de modifier les horaires en ajoutant quelques minutes à chaque arrivée pour se mettre à jour avec la réalité, alors j’ai quitté la réunion. Je me suis rendu dans un magasin de jouets, et me suis acheté un train électrique complet avec rails, signaux, passages à niveaux, un tunnel, une montagne et même une gare avec réverbère. Je l’ai installé sans peine, et j’ai passé ma soirée à lui faire faire des trajets. Il devait effectuer cinquante fois son circuit, avec chaque fois un arrêt à la gare. J’ai chaque fois noté ses heures d’arrivée, et j’ai observé que le train tenait une régularité d’horloge. – Bon, voilà quelque chose d’intéressant, me suis-je dit. Si le train obtient une telle régularité, alors il ne faut pas mettre les retards sur son dos, sur les roues, les arrêts de gare et tout ça. Les retards doivent donc provenir d’un facteur humain. J’ai emballé le train et je sui parti avec chez mon psy, pour lui demander conseil. C’est un homme fort sympa et compréhensif. Nous avons joué avec le train pendant une heure et demie, et alors il m’a dit qu’il pensait que les retards provenaient bien d’un comportement humain anormal, Il m’a proposé...

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Manneken-Pis et le Méchant Petit Poucet

La situation de notre Royaume pose bien des problèmes à nos dirigeants. Je ne parle pas des zizanies intestinales en vue d’un peu probable gouvernement dans un peu proche avenir. Non. Il y a des choses bien plus graves qui se passent, et dont on ne nous met pas au courant. Et pour cause ! Il y a d’abord eu cette lettre signée « Petit Poucet » et adressée à notre Premier Ministre ; « Mon Cher Premier Ministre, Vous avez une semaine pour me faire parvenir cent millions d’euros, faute de « quoi votre pays sera réduit à un simple confetti. Vous pourrez facilement trouver cette somme dérisoire en faisant un petit trou dans le budget de l’Etat. D’autres instructions vous arriveront d’ici peu. Veuillez confirmez la bonne réception de ce message en incorporant trois fois le mot « koheul » dans votre JT de la soirée de mardi prochain. » Le mercredi, lendemain de la date d’échéance, quasi toutes les routes du Royaume étaient impraticables, suite aux nombreux nids de poules. Il y eu alors une deuxième lettre de Petit Poucet, à laquelle notre Premier Ministre fit encore la sourde oreille. On assista alors à la plus grande anarchie dans les transports. Les trains étaient victimes des plus grands retards connus. Les routes étaient hors d’usage au point que plus rien ne roulait. Les camions étaient gentiment invités de se ranger n’importe où sur la bande de droite de nos autoroutes. Même les avions étaient cloués au sol, les voyageurs étant gentiment invités de loger à même le sol dans la salle des pas perdus de l’aéroport. Comme notre Premier Ministre continuait à faire la sourde oreille, il arriva encore une lettre sur son bureau, toujours signée « Petit Poucet » : « Mon Cher Premier Ministre, Vous semblez mésestimer le potentiel de puissance dont je dispose. « Maintenant mes exigences sont plus grandes encore, et je me contenterai de recevoir deux cent cinquante millions d’euros. Cette fois confirmerez la réception de ce message, grâce au mot « jéjunum » répété trois fois comme convenu auparavant. » Derechef notre Premier Ministre ne tint pas compte de cette revendication. Il s’en suivit alors des inondations dévastatrices dans tout le Royaume. Les pompiers ne savaient plus où donner de la tête. Le canal Albert était bientôt sous eau. L’eau de la Vierre se confondait avec l’eau de l’Yzer. Les stations de pompage étaient hors d’usage et les habitants de certains quartiers n’avaient même plus la possibilité de se laver. La Protection Civile apporta des berlingots d’eau potable un peu partout. Mais notre Premier Ministre tint bon. La lettre qui parvint alors sur son...

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Manneken-Pis contre Manneken-Pis
Jan21

Manneken-Pis contre Manneken-Pis

On est de plus en plus harcelé par des coups de téléphone de gens bien intentionnés qui veulent vous vendre des articles dont on n’a que faire. Ce sont en général des demoiselles à la voix plus qu’amicale, et je dois dire que ça me fait toujours grand plaisir de papoter avec elles. Je les écoute avec beaucoup d’attention, en fermant les yeux, pour essayer de m’imaginer à quoi elles ressemblent. Mais l’autre jour, à l’heure du midi comme d’habitude, c’était une voix d’homme qui me proposait du vin. Pas n’importe quelle piquette. Des bouteilles de grands vins. Des Bordeaux « crus bourgeois » remis à domicile, avec en prime un tire-bouchon et un thermomètre spécial. Je n’aimais pas trop sa voix. Aussi je lui demandai : « Passez-moi donc votre fille. C’est toujours avec elle que je traite ». – Mais Monsieur, je n’en ai pas. – Ah ça alors. Passez-moi votre épouse, si vous voulez bien. – Mais Monsieur, je suis célibataire. – Ah, ça tombe mal. – Pardon ? – Rien. Je pensais tout seul. – Mais le vin que j’ai l’honneur de vous présenter, c’est un vin que vous ne trouverez pas dans le commerce. – Ah bon ? – Oui, il s’agit d’un « Château Comte Manneken Pis » 2008, de la région de Pauillac. Appellation contrôlée bien sûr. – Ca alors. – N’est ce pas ? Et comme client privilégié, je vous fais un rabais de 10%. – Mais si c’est du Comte Manneken Pis, je vous en achète volontiers une bouteille. – C’est-à-dire, Cher Monsieur, qu’on le vend par caisse de 12 bouteilles. Finalement on s’est mis d’accord pour 12 caisses de Château Manneken Pis 2008. Ils sont tout de même forts, ces vendeurs. Le vin est bien arrivé. La première chose que j’ai fait, c’est de faire constater par exploit d’huissier que les bouteilles étaient bien intitulés Château Comte Manneken-Pis. Ensuite j’ai appelé mon avocat, et l’ai chargé de faire procès contre le Comte Manneken-Pis pour usurpation de nom, utilisation frauduleuse de nom en vue d’actes commerciaux illicites, utilisation d’étiquettes à mon effigie sans mon accord préalable (et subsidiairement atteinte à ma vie privée par voie d’images photographiques,) commercialisation de produits périssables sans mon accord préalable, fausse déclaration de lieux d’origine du produit, confusion possible quant à la demande de garantie du produit incriminé dont j’entends bien ne pas avoir à répondre, et enfin appellation contrôlée attribuée à une marque de produit pouvant donner lieu à confusion par rapport aux produits de ma marque. Ils sont quand même forts, ces avocats. J’ai perdu le procès, car les vins Château Manneken-Pis ont une antériorité...

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Manneken-Pis et le salon de l’auto
Jan13

Manneken-Pis et le salon de l’auto

Monsieur le Bourgmestre de la Ville de Bruxelles m’a avisé que le Conseil Communal a décidé de m’offrir une voiture. Je pourrai la choisir au Salon de l’Automobile, lors de son ouverture officielle pour les édiles et autres personnalités, le vendredi 14 janvier 2011. Donc, dès à présent, je fais des recherches, en vue de sélectionner le meilleur véhicule qui corresponde à mon profil. La première chose à laquelle je dois penser, c’est son économie d’utilisation, et naturellement je pense à sa consommation. Et je me dis qu’une voiture doit donc avoir des roues motrices de grand diamètre, de manière qu’à chaque tour de roue, elle parcoure le maximum de distance. Ensuite, il faut penser sécurité. Je suis fort tenté par une auto chouette, et romantique à souhait. Il s’agit du modèle « scooter » de Dieu sait quelle marque. Pas de coffre à bagages, mais des couleurs extra : orange ou bleu ou jaune ou vert ou encore rouge pompier. Elle est mignonne et si petite qu’on peut avec peine s’y loger à deux, très serrés l’un contre l’autre. Rien que ça, c’est un argument qui compte… Et sa sécurité consiste en une épaisse couche de caoutchouc placée au bas du véhicule, tout autour de celui-ci. Cela amortit les chocs d’une manière incroyable. Mais, comme je n’ai pas compris à quoi sert le piquet vertical à l’arrière, je me suis dit que j’allais réfléchir. Et puis elle n’est pas pourvue de ceintures de sécurité. D’autres modèles me tentent aussi. Par exemple une marque américaine a sorti un véhicule avec une carrosserie en acier coulé de 4 cm d’épaisseur, et muni non pas de roues, trop faciles à démolir, mais de chenilles. Là aussi, je n’ai pas compris pourquoi il y avait une barre devant la voiture, qu’on pouvait diriger dans tous les sens. Et puis je ne voyais pas vraiment où se trouvaient les fenêtres. Parmi les voitures françaises, il y a le modèle B-Bendum, où la sécurité consiste en des rangées de tubes horizontaux qu’on pourrait appeler des pneus, et qui sembleraient, encore que je n’en sois pas certain, agir comme autant d’airbags. Les Japonais ont sorti un modèle intéressant, le Kamkase, qui a tendance à se diriger droit sur le véhicule qu’il croise, et force ainsi le conducteur de ce dernier à faire le nécessaire pour éviter la collision. Je n’ai pas fait d’essai sur ce modèle. J’ai aussi repéré une voiture genre station wagon quasi wagon-lit, qui est prévue pour y accrocher des fleurs. Mais la couleur sombre de ce véhicule est dépressive au possible. Finalement mon choix s’est porté sur une superbe limousine avec...

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Manneken-Pis et l’éclipse de Soleil
Jan04

Manneken-Pis et l’éclipse de Soleil

Je vous jure que j’ai vu l’éclipse de Soleil ce 4 janvier matin. J’ai assisté à ce magnifique phénomène d’éclipse et j’ai vu le Soleil qui portait des cornes de cocu. C’est un spectacle grandiose, et bien d’autres ont eu la chance de voir cette manifestation de la nature. Je vous jure que j’ai vu ça. Mais on m’a traité de menteur. On m’a envoyé des lettres de menaces, anonymes bien sûr. On a dit que si je persistais dans mes assertions, je serais brûlé vif, lapidé, abattu comme un vulgaire cabot. Voyons maintenant calmement les faits. Admettons qu’une personne intelligente se trouve quelque part sur la surface du Soleil au moment de cette éclipse. Voilà ce qu’elle pourrait raconter de ce qu’elle a pu observer : – Sur la surface de cet astre, il n’y avait aucun endroit qui soit obscurci. Le Soleil était absolument normal, sans aucune zone sombre. Et la Lune était brillamment éclairée, et au moment de l’éclipse, elle entrait dans la lumière de la Terre, de telle sorte qu’il était fort difficile de la distinguer, jusqu’au moment où, à la fin du phénomène, elle était de nouveau visible, aussi claire qu’avant. Donc je considère que Manneken-Pis n’est qu’un sale menteur. Admettons maintenant qu’une personne intelligente se trouve, elle, quelque part sur la surface de la Lune au moment de cette éclipse. Voilà ce qu’elle pourrait raconter de ce qu’elle a pu observer : – J’ai vu le Soleil qui brillait dans sa totalité, sans aucune zone obscure. De l’autre coté, j’ai vu la Terre avec une zone d’ombre. Cette ombre grandissait jusqu’à devenir circulaire et un peu plus grande que l’Australie. Elle est restée de même grandeur, pour diminuer et finalement disparaître après quelques heures. Vraiment je me demande pourquoi Manneken-Pis raconte de telles sornettes. Peut-être pour détourner l’attention du monde sur les problèmes polichinello-politiques de son pays. Mais j’ai horreur des mensonges et je regrette l’attitude de ce meteko qui ment comme il respire. Et voilà où j’en suis. Je n’ai plus qu’à me cacher dans la grande forêt amazonienne en attendant des jours meilleurs. Car voilà qu’éclate maintenant une évidence dont on ne se doutait guère : il n’y a pas qu’une seule vérité. On n’est pas blanc ou noir. On ne peut pas dire la vérité sans qu’on nous traite de sale menteur. On ne peut pas mentir sans qu’on ne vous croie sur parole. Car maintenant il y a trois vérités. Et pour moi, il y en a deux de trop. Mais ne vous en faites pas : un jour je leur dirai mes quatre vérités, à ces...

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Le Nouvel An de Manneken-Pis
Déc31

Le Nouvel An de Manneken-Pis

On ne peut pas dire que je sois un fervent de la fête de Nouvel An. Car c’est à cette époque-là que je reçois le plus de visite. C’est fou comme les gens viennent me voir avant et après leur dîner de réveillon. Ils n’ont qu’une chose en tête : le dîner de Nouvel An, les cotillons et le baiser de minuit, de préférence sur la bouche. Et croyez-vous qu’ils restent longtemps me voir ? Ou bien ils ont faim, ou bien ils sont saouls. Et comme en plus il fait froid, alors… Et que croyez-vous qu’ils mangent ? Certainement pas des boestrings, des sproetjes, du boudin blanc et de la plattekees… Non, Nouvel An est une fête où on mange comme il faut. Et où on ne regarde pas à la dépense. Ni aux pourboires des vestiaires, ni au coiffeur de Madame. Sans compter les étrennes, et aussi le facteur, les immondices et tout ça. Si on ajoute à ça les vœux, et les timbres qui vont de pair, la visite à l’arrière grand-mère maternelle et à la marraine, et tout et tout, on arrive vite à un montant exorbitant, que j’ai estimé, rien que pour notre petit royaume, à quelques cinq cent millions d’euros. Moi j’appelle ça du matérialisme. D’abord, pourquoi fêter année après année le cycle complet du soleil sur sa trajectoire. Alors qu’on ne s’est jamais mis d’accord sur la date. Ne voit-on pas les Chinois choisir le 25 janvier, les Arabes encore à une autre date. C’est comme s’il y avait une dizaine de Nouvel An sur notre planète chérie. Si on fêtait le Nouvel An tous les quatre ans, quand l’année est bissextile, on dépenserait alors quatre fois moins. Mais j’ai en vue un projet qui fera pour notre planète une économie colossale. Il y a des gens qui viennent de très très loin, nous rendre visite. Régulièrement. Ils sont si gentils. Ils nous font des grands signes en passant, et allument des tas de lumières ; des bougies, des lampes de poche. Ils nous lancent des pétards même. Et ils font des photos avec flasch. Ils ne restent pas longtemps, guère plus qu’une dizaine de jours, et continuent leur voyage sans s’arrêter. Et ça depuis des siècles et des siècles. Et avec une régularité d’horloge. Chez nous, une telle ponctualité ne serait pas de mise, avec les grèves des navigateurs du ciel espagnols, des chemins de fer français, des raz de marée, des problèmes liés à Likiweak, des deux Chefs d’Etat de la Côte d’Ivoire et de la tendinite à l’avant bras de Justine Henin. Alors mon idée, c’est de fêter le...

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