Manneken-Pis et les banques

Manneken pis et les banques

J’ai été convié, moi, Manneken-Pis, à participer à la réunion des banquiers de l’UE.
J’ai donc réservé une suite à l’Hôtel des Trois Doges, le long du Grand Canal, avec vue sur le Pont des Soupirs. Pourquoi une suite ? Bien sûr pour pouvoir organiser des rencontres et des discussions serrées entre les différents représentants des grandes banques. J’ai fait des rencontres par groupes linguistiques, des rencontres par groupes bancaires, des rencontres par pays.
Un de ces pays (je crois même que c’était la Belgique) m’a donné bien du fil à retordre.

Et pourquoi ai-je demandé une suite avec vue sur le Pont des Soupirs ?
Eh bien, tout simplement pour y voir passer les banquiers « au dessus de tous soupçons » qui ont entraîné l’ensemble du monde financier dans cette crise.
Car ils seront jugés par le « Tribunal des Indignados », récemment constitué, et qui a son siège dans la Cité des Doges.

Ceci dit, après plus de cinq cents jours d’âpres discussions, souvent terminées au petit matin, je suis enfin arrivé à sauvé une banque.
Que dis-je ?
Non pas une banque, mais toutes les banques.
Oui, je suis parvenu à un accord pour refinancer toutes les banques de l’UE.
Mais ça a été dur, avec des périodes d’accords sur un point, des périodes de blocage sur un autre.
Avec des rapports intermédiaires présentés au Gouverneur de la Banque Centrale du Vatican.
Mais on y est arrivé.

Quelles mesures ont donc été prises ?

Je me suis basé sur le fait qu’il y avait près d’un million d’agences bancaires dans l’UE.
Des simples agences de quartier.
Et puis, il y avait près de quatre cents milliards d’euros de valeurs « douteuses » qu’il y a lieu d’effacer.
Donc si chaque agence bancaire débourse 400 000 €, toutes les valeurs douteuses seront effacées. Et les marchés financiers pourront reparti sur une base saine.
Ca a évidemment été la pierre d’achoppement qui a été un obstacle de taille.

– Certaines petites agences auraient bien du mal à sortir une telle somme.
– Pourquoi ne pas demander cinq mille euro à chaque client ?
– Pourquoi ne pas imposer un montant de un euro pour chaque opération bancaire ?
– Pourquoi ne pas demander à la Fed de dévaluer le dollar ?

Je ne voulais pas que ce soit encore une fois les particuliers qui y perdent.
Ils ont déjà assez souffert de la crise de 2008.
Et puis, je n’avais pas le bras assez long que pour obliger l’administration Obama de prendre ce genre de mesure.

Finalement on a opté, à l’unanimité moins une voix, (je crois que c’était celle de la Belgique), d’une intervention de chaque agence d’un montant de 400 000 € étalés sur huit ans.
En outre, on a créé un « couloir » entre Washington et Bruxelles, ce qui permettrait une zone, dite « serpent monétaire » où l’euro aurait, par rapport au dollar, un cours plus favorable à nous, Européens. Ce couloir comprendrait évidemment tous les Etats de l’UE.

J’en suis sorti très fatigué, mais je vais envoyer, sans tarder, un volumineux dossier à qui de droit, en vue d’obtenir le Prix Nobel des Finances.

Encore plus de Manneken-Pis ?

Author: Quentin

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