Manneken-Pis et le covoiturage
Mai11

Manneken-Pis et le covoiturage

Jeudi dernier il y avait une réunion du KERN, avec quelques éminents ministres, et il y avait à l’ordre du jour le problème du covoiturage. On m’avait prié d’y assister, et alors j’ai pris la parole. – Messieurs et Mesdames, ce problème du voiturage est de la plus haute importance. Il faut donc encourager cette démarche. Quelqu’un a-t il une calculatrice sous la main ? Merci. – Mais Manneken, les chiffres, on les connaît. – Moi aussi, mais cernons le problème de plus près. Il faut 100 000 voitures pour amener 400 000 navetteurs en ville. Et je parle de voitures, car on ne peut pas compter sur les chemins de fer qui font que les navetteurs accusent des retards considérables. Vous rendez-vous compte du trafic et des embouteillages que cela comporte, ces 100 000 voitures qui entrent à la même heure à Bruxelles ? – Mais Manneken, on te demande une solution, et pas un état des lieux. – OK. La solution, je l’ai bien sûr. Elle consiste en huit principes à mettre en œuvre. – On t’écoute. – Premier point : Si la moitié des navetteurs logent, à tour de rôle, dans la capitale, il ne faudra alors plus que 50 000 voitures. – Et ça fera marcher les hôtels. – Et les boîtes de nuit. – Arrêtez donc de m’interrompre. Deuxième point : si la moitié arrive une heure plus tôt et part une heure plus tard, cela réduit le pic d’embouteillage. – Bonne idée. Je dirais même que si l’autre moitié arrive une heure plus tard et part une heure plus tôt, on peut encore réduire les embouteillages. – Et ça compense les heures supplémentaires des premiers. – Passez-moi la calculatrice. – Tu avais dit d’arriver une heure plus tôt ? – Et partir une heure plus tard ? – S’il vous plaît, les ministres, un peu de silence. Troisième point : pour encourager le covoiturage, on mettra les parkings non pas aux portes de la ville, mais au cœur même de la ville. – Bonne idée mais pas de place, Manneken. – Mais si, on a de la place. La plupart des habitations possèdent un garage. On prie donc ces habitants de dégager leur garage et de planter leur véhicule hors de la ville, pour laisser la place aux voitures des navetteurs. – Et s’ils refusent ? – Quatrième point : tous les boulevards et axes importants seront à sens unique et sur une seule voie. La place gagnée servira de parkings supplémentaires. – Et les ambulances, les pompiers auront le droit de rouler dans l’autre sens. – Quelqu’un a la calculatrice ? –...

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