Manneken-Pis et les 20 km de Bruxelles

Cette année c’est parti pour le 29 mai. Je parle de la fameuse course des 20 km de Bruxelles. Comme l’année précédente, je compte bien y participer, et obtenir un meilleur score. J’ai décidé de mettre tout en œuvre pour être le tout premier à l’arrivée. Ca demande évidemment quelques préparatifs. En premier lieu, m’inscrire à l’Ecole des Ventriloques. Je dois en effet pouvoir donner des impulsions, d’une manière anonyme, à mes concurrents, de manière à les induire en erreur, ou tout au moins à les faire douter de l’itinéraire à suivre, de manière à les envoyer se promener dans une mauvaise direction. Mais il faut que cette impulsion ne soit envoyée qu’aux quelques rares éléments potentiellement dangereux, c’est-à-dire aux coureurs qui pourraient être un obstacle à ma victoire. Parler sans remuer les lèvres, c’est tout un art. Et en plus, faire en sorte que la personne qui vous écoute ne sache pas que c’est vous qui lui parlez, ça demande un sérieux entraînement. C’est certainement ce qui m’a pris le plus de temps. Sans compter les quelques phrases clés qui posent des problèmes. Ainsi ce n’est pas si facile de dire, sans bouger les lèvres, et à haute voix : « Mammy m’y a mis ma main mais Mimi m’a mimé » ou encore : « Ton bâton a tant battu Tonton que son tuba fut sans son. » Restait le problème de sélectionner les coureurs « à risques ». Ça m’a pris des heures. J’ai examiné avec soin les photos des gagnants précédents. Ils avaient tous des lacets blancs, une montre au poignet et ne portaient pas de couvre chef. Bon, me voilà enfin prêt pour cette terrible épreuve. Au départ, je suis placé vers le milieu. J’ai repéré immédiatement quelques individus à écarter. – « Attention s’il vous plaît. Les participants sont priés de revenir au départ, suite à une erreur de chronométrage. » Je vois déjà un désarroi tout autour de moi. Quelques sportifs regardent les haut-parleurs avec effroi. – « Je répète. Les participants sont priés de revenir au départ, suite à une erreur de chronométrage. » C’est parfait. Un embouteillage se profile à l’horizon. Certains retournent en arrière et sont face à face avec d’autres qui continuent. Je regagne déjà cinq rangées. – « Changement d’itinéraire suite à un accident. Nous prions les participants de quitter l’itinéraire prévu et de prendre la première rue à gauche. Je répète… » Et zou ! Encore un paquet de parti. – « Nous prions les participants de se porter sur l’extrême droite de la chaussée, pour permettre le passage d’une ambulance. Merci. » Ca, ce n’était vraiment pas facile à y arriver ! Ce large ruban d’athlètes a bien du...

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Manneken-Pis et le covoiturage
Mai11

Manneken-Pis et le covoiturage

Jeudi dernier il y avait une réunion du KERN, avec quelques éminents ministres, et il y avait à l’ordre du jour le problème du covoiturage. On m’avait prié d’y assister, et alors j’ai pris la parole. – Messieurs et Mesdames, ce problème du voiturage est de la plus haute importance. Il faut donc encourager cette démarche. Quelqu’un a-t il une calculatrice sous la main ? Merci. – Mais Manneken, les chiffres, on les connaît. – Moi aussi, mais cernons le problème de plus près. Il faut 100 000 voitures pour amener 400 000 navetteurs en ville. Et je parle de voitures, car on ne peut pas compter sur les chemins de fer qui font que les navetteurs accusent des retards considérables. Vous rendez-vous compte du trafic et des embouteillages que cela comporte, ces 100 000 voitures qui entrent à la même heure à Bruxelles ? – Mais Manneken, on te demande une solution, et pas un état des lieux. – OK. La solution, je l’ai bien sûr. Elle consiste en huit principes à mettre en œuvre. – On t’écoute. – Premier point : Si la moitié des navetteurs logent, à tour de rôle, dans la capitale, il ne faudra alors plus que 50 000 voitures. – Et ça fera marcher les hôtels. – Et les boîtes de nuit. – Arrêtez donc de m’interrompre. Deuxième point : si la moitié arrive une heure plus tôt et part une heure plus tard, cela réduit le pic d’embouteillage. – Bonne idée. Je dirais même que si l’autre moitié arrive une heure plus tard et part une heure plus tôt, on peut encore réduire les embouteillages. – Et ça compense les heures supplémentaires des premiers. – Passez-moi la calculatrice. – Tu avais dit d’arriver une heure plus tôt ? – Et partir une heure plus tard ? – S’il vous plaît, les ministres, un peu de silence. Troisième point : pour encourager le covoiturage, on mettra les parkings non pas aux portes de la ville, mais au cœur même de la ville. – Bonne idée mais pas de place, Manneken. – Mais si, on a de la place. La plupart des habitations possèdent un garage. On prie donc ces habitants de dégager leur garage et de planter leur véhicule hors de la ville, pour laisser la place aux voitures des navetteurs. – Et s’ils refusent ? – Quatrième point : tous les boulevards et axes importants seront à sens unique et sur une seule voie. La place gagnée servira de parkings supplémentaires. – Et les ambulances, les pompiers auront le droit de rouler dans l’autre sens. – Quelqu’un a la calculatrice ? –...

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Manneken-Pis en Agent de Propreté
Mai07

Manneken-Pis en Agent de Propreté

A l’occasion de la Journée Propreté organisée sur le territoire de la Ville de Bruxelles le samedi 7 mai 2011. Un clin d’oeil aux 300 agents présents 365 jours par an pour rendre Bruxelles propre. Article du 23/04/2016 : Journée de la propreté à Bruxelles Bruxelles-Propreté c’est quoi ? L’Agence Bruxelles-Propreté est une entreprise publique. Elle est placée sous l’autorité directe du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale et plus particulièrement de son ministre ayant en charge l’enlèvement et le traitement des immondices. Néanmoins, à la différence d’une administration classique, Bruxelles-Propreté est en fait une entreprise publique à caractère industriel. La plus grande partie de ses moyens est consacrée à ses missions de terrain dans le domaine des déchets et de la propreté publique. Une partie de son financement est tirée d’activités strictement commerciales. L’Agence régionale « Bruxelles-Propreté »… C’est avant tout des centaines d’agents à votre service 7 jours sur 7 et presque 24h sur 24. C’est aussi le premier employeur de main-d’oeuvre peu qualifiée de la région de Bruxelles-Capitale, qui remplit ainsi un rôle social de premier plan, avec des moyens matériels considérables et un budget élevé. Sources et infos : A l’occasion de la Journée Propreté : www.bruxelles.be Bruxelles-Propreté c’est quoi ? www.bruxelles-proprete.be Photos :...

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Manneken-Pis en typographe
Mai07

Manneken-Pis en typographe

Tous les 6 mai, les imprimeurs et typographes du pays commémorent la mémoire de leur patron, saint Jean-Porte-Latine. A Bruxelles, les membres de l’Union d’études graphiques ne manquent jamais de faire un détour par la rue de l’Etuve pour rendre hommage au Ketje, habillé en typographe du XVIe siècle. La typographie c’est quoi ? La typographie désigne les différents procédés de composition et d’impression utilisant des caractères et des formes en relief. La typographie est à l’origine l’art d’assembler des caractères mobiles afin de créer des mots et des phrases et de les imprimer. Cette technique a été mise au point vers 1440 par Gutenberg, qui n’a pas inventé l’imprimerie à caractères mobiles mais un ensemble de techniques conjointes : les caractères mobiles en plomb et leur principe de fabrication, la presse typographique, et l’encre grasse nécessaire à cet usage. La typographie, par extension, est la technique d’impression qui utilise le principe du relief, comme les caractères mobiles en plomb et en bois, mais aussi les images en relief, d’abord gravures sur bois puis clichés en métal et en photopolymère. La typographie a été pratiquement la seule forme d’impression jusqu’au XXe siècle, où elle a été remplacée par l’offset, lui-même issu de la lithographie inventée à la fin du XVIIIe siècle. L’impression typographique existe encore pour des travaux artisanaux à tirage limité ainsi que pour la découpe, l’embossage et l’estampage. Enfin, la typographie est l’art et la manière de se servir des caractères : choix de la police, du corps et de la mise en page. Sources et infos Centre de l’Édition et de l’Imprimé contemporains : www.ulb.ac.be Typographie et Civilisation : histoire.typographie.org La typographie c’est quoi ? fr.wikipedia.org Tous les 6 mai : archives.lesoir.be Photos :...

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Manneken-Pis pour la Gay Pride
Mai06

Manneken-Pis pour la Gay Pride

Les 13 et 14 mai 2011 aura lieu la célèbre Gay Pride de Bruxelles. Une 16ème édition qui comme chaque année réunira des milliers de fêtards et vous offrira une excellente occasion de découvrir la capitale et sa gay-attitude. Elle vient d’où, la Gay Pride ? Dans les années ‘50 et ‘60, un mouvement homosexuel existait aux Etats-Unis et en Europe. Des hommes en costume trois pièces et des filles en tailleur manifestaient “dignement” et demandaient des droits – ou au moins de l’indulgence – pour des gens qui “étaient peut-être déviants” mais qui étaient tout de même “respectables“. Parallèlement, il existait un circuit caché de bars et d’endroits de rencontre semi ou tout à fait clandestins. Le « Stonewall Inn », un bar situé dans la Christopher street à New York, était principalement fréquenté par des travestis. A l’époque, les Etats-Unis interdisaient le déguisement en dehors de la période de carnaval. Il était tout à fait interdit de mettre des vêtements du sexe opposé et la police organisait régulièrement des descentes dans le bar en question. Celui/celle qui ne pouvait pas s’enfuir à temps passait une nuit au poste. C’était le scénario prévu le soir du 28 juin 1969. Les combis s’arrêtèrent devant le bar et les flics se préparaient à casser du travesti. Mais 1969 n’était pas une année comme les autres : le mouvement contre la guerre au Vietnam devenait un mouvement de masse et la lutte pour l’émancipation des noirs américains prenait de l’ampleur avec notamment les Black Panters… Les homosexuels ne pouvaient pas être en reste. Ce qui est remarquable, c’est que la première révolte ouverte des homosexuels s’est faite sur des talons aiguilles, en robes moulantes et avec des perruques impressionnantes. C’était la bataille des sacoches contre les matraques des flics. Un vent de liberté a soufflé dans le New York Gay et les gens accourraient de toutes parts vers Stonewall. La bataille rangée avec la police a duré trois jours. La honte avait disparu comme par enchantement. Les mots d’ordre étaient « Gay power » et « Gay Rights Now », à l’instar des revendications du mouvement noir. Les événements de Stonewall ont fait sauter le couvercle de la honte et sont commémorés chaque année par la Gay Pride de New York… et par de plus en plus de parades dans le monde entier. Sources : Les 13 et 14 mai 2011 aura lieu la célèbre Gay Pride de Bruxelles : www.tourismebelgique.com Elle vient d’où, la Gay Pride ? www.thepride.be Photos :...

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Manneken-Pis et les prisons
Mai04

Manneken-Pis et les prisons

En Belgique, les prisons sont saturées. Il y a trop de prisonniers. La question que tout le monde se pose est la suivante : où les mettre ? Lorsque j’ai rencontré notre Ministre de la Justice, on en a longuement discuté. – Votre idée de les enfermer à l’étranger me semble géniale. – Merci, Manneken. – Mais vous savez fort bien que la Belgique possède quelques enclaves au sud des Pays-Bas. Ne pensez-vous opportun d’y incarcérer une bonne centaine de prisonniers de droit commun ? – C’est effectivement une idée à approfondir. – Surtout qu’en cas d’évasion, un prisonnier en cavale se trouverait en territoire néerlandais, ce qui lui posera certainement des problèmes. – Sans aucun doute. – D’autant plus que Baarle n’est pas desservie par la SNCB. Ils auront bien difficile de s’enfuir. Mais j’entrevois encore d’autres solutions. – Ah ? – Ben oui. Je pense aux musées. – Les musées ? – Il suffit de prévoir un lit ou deux dans chaque salle. Il y aurait mettons la salle Rubens, la salle Ensor, la salle Memling… Moi personnellement je serais fier de pouvoir dire : « j’habite la salle Breughel du musée d’Art Ancien de Bruxelles ». Quel effet psychologique positif cela pourrait avoir sur les prisonniers ! – Mais Manneken, on ne va tout de même pas les loger dans les musées ? – Et pourquoi pas. Uniquement pour y passer la nuit. Et pour les journées, on pourrait facilement aménager les caves pour en faire des salles communes, la salle à manger, des salles de réunion. On y mettrait des tables de ping-pong, et la TV. Et puis il y a de l’eau, et même des toilettes. Vous voyez que ça ne gêne en rien le public. – Heu… – Surtout que dès lors leur budget émergera du Ministère de la Culture, non ? Tiens, j’y pense tout à coup. Celui qui loge dans la salle des Momies Egyptiennes devrait rester moins longtemps emprisonné que celui qui loge dans la salle des Vases Grecs. – Et pourquoi donc, Manneken ? – Question d’équité. Les frais sont beaucoup plus élevés pour combattre les vols de momies. Il n’est donc que juste que ces prisonniers y résident moins longtemps. Et par cela même, d’autres prisonniers pourront y être logés à leur place. – Je vois. – Et puis, j’ai aussi pensé aux banques. – Hé ! Tu rigoles ? – Mais pas du tout. Là au moins, ils ne pourront pas s’évader facilement. – Mais Manneken, tu ne veux tout de même pas les mettre dans des banques ? – Justement, il faut les mettre dans les...

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Manneken-Pis en reporter sans frontières
Mai03

Manneken-Pis en reporter sans frontières

Dans certains pays, un journaliste peut passer plusieurs années en prison pour un mot ou une photo. Parce que emprisonner ou tuer un journaliste, c’est éliminer un témoin essentiel et menacer le droit de chacun à l’information, Reporters sans frontières, fondée en 1985, œuvre au quotidien pour la liberté de la presse. Reporters sans frontières c’est quoi ? Reporters sans frontières défend les journalistes et collaborateurs des médias emprisonnés ou persécutés pour leur activité professionnelle, et dénonce les mauvais traitements et la torture dont ils sont victimes dans de nombreux Etats, lutte pour faire reculer la censure et combat les lois visant à restreindre la liberté de la presse, accorde chaque année presque trois cent bourses d’assistance afin de venir en aide à un journaliste ou à un média en difficulté (frais d’avocats, frais médicaux, achat de matériel, etc.), ainsi qu’aux familles de reporters emprisonnés et Reporters sans frontières agit pour améliorer la sécurité des journalistes, notamment dans les zones de conflit. Sources : www.rsf.org Photos :...

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