Manneken Pis et la Journée Mondiale de l’Eau

L’autre jour, quand j’étais à New-York où on m’attendait pour la session de l’ONU qui avait à l’ordre du jour « Economisons l’eau et supprimons les fontaines », et en route pour Pékin, pour passer commande pour un costume sur mesure qui manquait dans ma collection, je me suis dit qu’après tout, la vie sur terre était finalement bien courte, et déjà je songeais à la nécessité d’établir mon testament sans trop tarder.
Car je voyais mon avenir sous un jour bien sombre.

A New York, j’ai pris la parole pour défendre le maintien des fontaines.
J’avais pris avec moi quelques fioles de cette précieuse eau de ma fontaine, et Rockfeller l’a beaucoup appréciée, et m’a demandé d’où elle provenait. Je n’en savais strictement rien ; aussi je lui répondis qu’elle venait de la Senne, mais que ce cours d’eau était en voie d’assèchement.

Alors ce généreux sénateur m’a offert de construire, aux frais de l’UNO, un barrage immense pour réduire le débit des chutes du Niagara et de conduire ainsi cette eau par pipelines jusqu’à Bruxelles, via la France C’est à ce moment que Silberstein, représentant l’Etat d’Israël, a dit que l’ONU pourrait peut-être financer le placement d’un pipeline, mais que le barrage serait à charge du Gouvernement Belge. Quand je lui eu dit que ce Gouvernement était démissionnaire, et ne s’occupait que des « affaires courantes », alors il m’a dit que ça ne posait pas de problèmes, puisqu’il s’agissait d’eau courante.
– Cette opération d’amenée de l’eau du Niagara portera le nom de PIPI. Qu’en pensez-vous ?
– Et pourquoi PIPI ?
– Eh bien, PI comme pipeline, et puis PI comme PALATKA en Floride, départ du pipeline vers l’océan, et ISIGNY arrivée du pipeline au Calvados.

Considérant que les résultats des négociations avançaient positivement, j’ai poursuivi allègrement mon voyage vers la Chine.

A Pékin j’étais invité par Miss Chine à la cérémonie du thé.
Comble de malchance, il y avait une coupure d’eau.
Il me restait encore de l’eau de ma fontaine, et on a bu un thé extraordinairement parfumé.
– Quelle chance vous avez, Manneken, de posséder une eau si délicieuse. D’où provient-elle ?
Je lui expliquai que c’était l’eau de ma fontaine, mais qu’elle risquait bien de disparaître.
– Que c’est dommage. Mais je vais tacher de trouver une solution à votre problème.
Le thé était excellent. Après la cérémonie Miss Chine s’est occupé de mon costume « Buveur de thé ». Elle a voulu à tout prix prendre mes mensurations elle-même. C’était chouette. Ca a bien duré une bonne heure.

En rentrant à l’hôtel, on m’avait déposé un message du Président Hu Jintao.
« Manneken, j’ai une bonne nouvelle pour vous. Je vous attends à 17 heures. »

Je fus reçu comme un homme d’état, avec un « Présentez-Armes » à l’entrée de la Cité Interdite.
– Manneken, j’ai appris que les Etats-Unis vous offraient de l’eau. Cette eau a spécialement bon goût. Alors, un de mes amis, qui est Vice Consul en Belgique, est intéressé à faire un contrat avec vous. Il vend des tisanes, en sachets, et envisage de vendre des tisanes en cannettes.
Vous voyez où je veux en venir ? Ces cannettes seront vendues aux Etats-Unis sous le nom de PIPI.
– Pourquoi PIPI ?
– Les initiales de « Perfect Infusion Precious Instant » Et en chinois, ce sont les initiales des quatre premiers mots d’une règle d’or économique, qui pourrait se traduire en substance par : « qui sait où acheter, vendra où il achète. »

Et c’est ainsi que je suis rentré à Bruxelles, avec un beau nouveau costume.
Et l’assurance de ne pas devoir penser à faire mon testament avant quelques temps.

Encore plus de Manneken-Pis ?

Author: Quentin

Share This Post On

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *