Manneken-Pis et la fraude dans le métro

Manneken-Pis et la metro

J’ai un chat. De pure race. Je devrais plutôt dire qu’il est d’une grande lignée. Du moins, il le prétend, et je fais semblant de le croire, pour lui faire plaisir.
Car il se dit un descendant du Chat Botté. C’est pour cette raison que je l’ai appelé Carabas.
Je lui racontai l’aventure qui s’était passée dans la station de métro.

– Alors, Carabas, j’étais près du portillon, en train de passer mon MOBIB, et l’ouverture de la porte s’était enclenchée lorsque deux individus, qui étaient derrière moi, se ruèrent à toute vitesse pour franchir ce portillon. Alors la porte s’est refermée, m’interdisant l’accès, et m’obligeant à repasser mon MOBIB.
– Mais mon Maître, ça ne se passera pas comme ça. Allons donc, je Vous prie, ensemble voir ce qu’il en est.

Et nous voilà en route pour la station Gare de l’Ouest, mon chat contre ma poitrine sous mon blazer. El la scène se reproduisit : un ado se faufila devant une personne et franchit le portillon.
Mais en un rien de temps, Carabas sauta de mon blazer et bondit au dessus du portillon. Il ne lui fallu pas longtemps pour s’installer au cou du fraudeur, toutes griffes sorties.
Le pauvre se mit à crier comme un diable.

– Crie donc un peu plus fort, car je t’entends à peine, lui dit Carabas, en faisant glisser ses pattes le long du cou de sa victime. Et si l’envie te prend de repasser le portillon sans payer, n’hésite pas un seul instant, car j’ai un réel besoin d’aiguiser mes griffes.

A peine rentré, il me dit qu’il avait quelques occupations à faire et qu’il s’absenterait de la nuit. Et il s’en alla.
Le lendemain, il n’était toujours pas là quand je me mis en route pour l’exposition du Cinquantenaire. Mais alors, quel spectacle au métro ! Devant le portillon se trouvait un chat roux, devant l’autre portillon se trouvait un chat blanc et noir, et encore un chat noir plus loin, et encore d’autres aux endroits stratégiques.
En descendant à la station Schuman, je retrouvai Carabas donnant ses instructions à une dizaine de chats.

– Toi, Plastron, tu t’installes devant le portillon vers Stockel, et toi, Perruque, devant le portillon vers Erasme.

En me voyant, il m’aborda avec un large sourire :

– Voyez donc, mon Maître, comment j’ai rétabli l’ordre et la sécurité en ces lieux. Mes troupes sont installées à toutes les stations de la ville. Comme Vous le constatez, les fraudeurs ont quitté les lieux et, aux dernières nouvelles, ils seraient en route pour Paris. Ceci dit, mon Maître, Vous irez, ne Vous déplaise, chez Monseigneur le Contrôleur Général lui demander de réduire de moitié les droits d’entrée en ces lieux, faute de quoi mes troupes se retireront et les fraudeurs reviendront comme avant.

Vraiment, il y a des moments où je ne me sens pas bien dans mon époque. Mais j’ai tout de même l’intention d’envoyer un e-mail à qui de droit.

Encore plus de Manneken-Pis ?

Author: Quentin

Share This Post On

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *