Manneken- Pis et la Volonté du Peuple

Ah, la belle époque, le bon vieux temps…
Quand on jouait au diabolo, qu’on lançait le diabolo double cônes à près de dix mètres en l’air et que mon copain devait le rattraper sur le fil de ses deux bâtons, pour me le relancer. Je ne vous cacherai pas qu’au début je n’en menais pas large. Il fallait l’attraper. Et de préférence pas sur la tête !

Tout ça, c’est du passé.
Mais du passé proche. Et ça n’a été réalisable que grâce au fameux nombre π.
Oui, de ce nombre π = 3,141 592 653 589 793 238 462 643 383 279
Hé, attendez ! Je n’ai pas fini…

A cette époque, mon oncle qui enseignait à l’ULB, en polytechnique, me parlait souvent de ce nombre monstrueux, qui n’avait pas de fin, et donc qu’on ne peut utiliser qu’avec une imprécision dont on voudrait volontiers se passer.

Mais revenons- en au fait.
La vitesse de rotation du bicône est fonction du diamètre du cône, et du nombre π.
Et cette vitesse est justement ce qui détermine un bon lancement du bicône. Si sa vitesse de rotation est trop faible, le bicône ne pourra pas décoller, et tombera par terre. Ce vilain nombre est toujours quelque part où en a pas besoin de lui. Mais que voulez-vous…

Ceci dit, je vais vous montrer en quoi cette métaphore peut nous éclairer sur que qu’il se passe actuellement.

Le double cône, c’est le monstre, le diable, qui est la proie du mal, à cause de la présence du vilain nombre π.
C’est le Pouvoir.
Le joueur qui lance le double cône détient le pouvoir.
Et la corde sur laquelle le bicône doit atterrir après son voyage aérien, représente la Démocratie, la Liberté, sous la forme de la voix du peule, c’est-à-dire les Elections.

Le Dictateur essayera toujours de garder le bicône sur sa corde, et s’il l’envoie en l’air, c’est pour qu’il revienne sur sa corde, et puis encore sur sa corde, et toujours sur sa corde.
Il est normal que son partenaire de jeu, l’Opposant au Pouvoir, qui désire accéder à une démocratie, à une liberté d’opinion, une liberté de la presse, tente de récupérer le bicône, au besoin par la force.
Il ne demandera pas mieux de partager le pouvoir ou même de renoncer au pouvoir si telle est la décision du peuple souverain.

A cause du fameux nombre π, le pouvoir est toujours quelque chose de difficile, sinon de périlleux.
A cause de ce fameux nombre π, la démocratie est toujours quelque chose de difficile à obtenir.
Et même quand on la possède, il est toujours difficile de la maintenir.

Encore plus de Manneken-Pis ?

Author: Quentin

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