Manneken-Pis veut vendre un terrain

Manneken-Pis  Agent Immobilier

Je possède un terrain situé en pays flamand. C’est un beau terrain, boisé et pas bien grand.
Quand je dis boisé, en fait il y a beaucoup plus d’arbres dans la partie nord que dans la partie sud. Mais je voudrais le vendre car, étant en zone verte, il ne rapporte rien.

– Je vous conseille de le mettre en vente publique
– Quoi, on peut faire une vente publique pour un terrain ?
– Mais Monsieur, on peut tout mettre en vente publique.
– Et bon peut imaginer une vente publique qui va en diminuant les offres ?
– Je vois ce que vous voulez dire. Aux Pays-Bas, à Edam, les ventes de fromages au marché hebdomadaire se font en partant d’un prix excessif, et les prix diminuent. Le premier qui se manifeste obtient le lot. Mais en Belgique je ne crois pas que ça se fait.

J’ai quitté mon notaire en lui disant que j’allais réfléchir et je me suis rendu au Marché aux Puces. Chez Rose-Marie j ai trouvé un plateau à fromages qui me tentait.

– C’est combien ?
– C’est 150 €. Un vrai Vieux Bruxelles. Regardez la marque sur son dos.
– Allez donc, j’en offre 100 €
– Je veux bien vous le céder à 130 €. Voyez comme il parfait. Pas un éclat, pas ébréché. Vous ne trouverez nulle part un pareil.

Finalement on s’est mis d’accord pour 125 €.

Le lendemain j’ai été à la gare. Je voulais visiter l’exposition « Entre le Paradis et l’Enfer », au Musée du Cinquantenaire.

– Une Key Card, s’il vous plaît.
– C’est 20 €
– J’offre 12 €
– Non, Monsieur, c’est 20 €
– Pas plus que 12 €
– Non Monsieur, j’ai dit 20 .
– Mais Monsieur, vous plaisantez ? Et encore, je demande une première classe pour ce prix.

Ces négociations n’ont pas abouti. Au plus il restait sur ses positions, au plus j’exigeais. A la fin je demandais même qu’une jolie fille s’asseye en face de moi. Franchement, c’était un dur à cuire, ce gars-là.
Je suis retourné chez mon notaire.

– Dites-moi, qui est gagnant, lors d’une vente publique ? Le vendeur, ou l’acheteur ?
– A vrai dire, ils sont tous les deux gagnants. Le vendeur qui, s’il n’est pas satisfait, peut annuler la vente, et l’acheteur qui, à tout moment, peut se retirer de la vente.
Mais ce qui compte, c’est de connaître la valeur de l’objet.
Et le problème est bien là. Prenons par exemple un violon. Quelle valeur faut-il prendre ? La valeur luthier ? Le nom de son fabricant ? La valeur affective ?

Ainsi je me suis dit que la valeur d’un bien peut avoir beaucoup de facettes. Et il en est de même pour mon terrain. La partie plus au nord a plus de valeur que l’autre. Donc mieux vaudrait le séparer et conserver le plus rentable, quitte à vendre uniquement la partie la moins rentable.

Je vais y réfléchir.

Encore plus de Manneken-Pis ?

Author: Quentin

Share This Post On

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *