Manneken-Pis et les grèves

déc 7, 2011 by Quentin

J’y étais !

Allons, Manneken, de quoi tu parles encore une fois.

De quoi je parle ? Mais des grandes grèves générales de 1960.

Oui ? Et alors ?

Oui, 1960 C’était Gaston Eyskens, notre Premier Ministre.

Et c’était pour quoi qu’on faisait la grève ?

Hé bien, c’était les Wallons qui voulaient plus d’autonomie.

Comme ce que veulent les Flamands maintenant ?

Exactement. Et on a eu une grève générale qui a duré six semaines. Et qui a fait quatre morts.

Och gaarne !

Et on a déjà tout oublié.

Awel, raconte une fois.

C’est bien simple. Tout le monde était sur la rue. Tous les magasins étaient fermés. Plus rien ne fonctionnait. Et même, je vais te dire, la gare des Guillemins à Liège a été saccagée.

Et tu faisais la grève avec eux ?

J’étais au premier rang. Mais maintenant, je ne ferai plus la grève.

Ah bon ? Et pourquoi ?

Mais on ne fait plus la grève comme il y a cinquante ans. Maintenant c’est tout différent.

Ah bon !

Tu vois, dans le temps quand on faisait la grève des chemins de fer, il y avait un piquet de grévistes à l’entrée de la gare, et aucun train ne circulait.

Oui, c’est normal.

Mais non. Maintenant c’est dépassé.

On ne fait plus la grève des chemins de fer ?

Bien sûr qu’on fait la grève des chemins de fer, mais c’est beaucoup plus simple et beaucoup plus radical. Et en plus, l’Etat y perd une fortune, et les voyageurs ne sont plus pris en otage.

Magnifique ! Mais raconte un peu comment ça marche.

Mais Marieke, au lieu de faire arrêter les trains, il faut au contraire les faire rouler normalement, en respectant les horaires.

Tu rêves encore une fois, Manneken.

Pas du tout. C’est toi qui ne réfléchis pas. Ce ne sont pas les machinistes, ni les convoyeurs qui doivent faire la grève. Il suffit que les employés des guichets soient en grève. Alors, pour les voyageurs, il
n’y a aucun problème. Ils entrent simplement dans les wagons, et le train est parti.

Sans billets ?

Oui, sans leur billet, puisqu’ils ne peuvent pas en avoir.

Mais c’est toute perte pour la SNCB, ça.

Évidemment.

Mais la SNCB ne fera pas partir un train avec des voyageurs sans billets.

Et alors ? Ça n’est pas mon problème. Si la SNCB empêche les voyageurs de partir, alors c’est la SNCB qui fait la grève des chemins de fer et qui prend les voyageurs en otage.
Manneken, tu es génial !

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Manneken-Pis et le troisième homme

nov 11, 2011 by Quentin

La question est tombée d’une manière brutale.

- Mais qu’est ce qu’il se passe donc ?

- Quoi donc, Marieke ?

- Eh bien, Manneken, c’est que de plus en plus de gens se plaignent.

- Oui, c’est bien vrai. Et c’est très bien ainsi. Je dirais qu’il faut que les gens se plaignent. Et plus il ya de gens qui se plaignent, moins de gens se plaindront.

- Allez bon. Qu’est ce que tu racontes maintenant encore comme inepties.

- Mais non, pas du tout. Si les gens se plaignent, c’est avant tout parce qu’ils recherchent le troisième homme.

- Le troisième homme ? Mais on est sept milliards d’habitants sur la terre, et on doit trouver le troisième homme dans ce paquet ?

- Je vais essayer de te faire comprendre. Je pense qu’il ne faudra pas six mois avant que n’arrive la Révolution. On marchera contre Wall Street, contre la BCE, contre les Parlements. Les gens vont tout bousculer, renverser, démolir. Ca va toucher toute la planète. Le Tiers Monde demandera justice. Les petites gens demanderont justice. Darfour demandera justice. L’Irak demandera justice. Il n’y a pas un peuple, une ethnie, qui ne demandera justice.

- Je vois.

- La Grande Révolution balayera tout sur son passage. Elle balayera les Eglises et les Temples, les Ecoles et les Universités, le Capitalisme et le Socialisme. Elle balayera l’Ordre établi, comme elle balayera la Richesse.

- Oui, et après ?

- Justement, après il y aura le chaos. Et il faudra tout recréer. Mais il manque le troisième homme.

- Le troisième homme ? Orson Welles ?

- Mais non, Marieke. Ce n’est pas un film. Chaque révolution amène une période de manipulateurs, de revanches, de désillusions. Il suffit de se souvenir de la révolution française, et de la Terreur. On a encore en mémoire les tribunaux d’exceptions, et la conspiration du Luxembourg. On a décapité la noblesse et l’élite.

- Vraiment, tu me fais peur, Manneken.

- Et quand il s’agira de reconstruire, où trouverons nous les gens capables ? Tout le monde pourra exprimer des idées, c’est très facile. Mais combien de gens sensés, et connaissant ce qu’il faut savoir, seront encore sur le bateau ?

- Alors ce sera l’heure de la cacophonie ?

- La cacophonie, si tu veux, mais plus grave encore, ce sera la tempête. Et dans un bateau en pleine mer, dans cette tempête sans précédent, il doit être là, le troisième homme. Celui qui pourra ramener l’ordre, calmer les flots et amener la quiétude.

- Mais alors, où est-t-il, le troisième homme ?

- Il n’est pas dans le paquet des sept milliards d’êtres humains. Mais il n’est pas loin.

- Ah bon !

- Oui, en vérité je te le dis, il est en face de toi.

- Dieu soit loué ! Toi, Manneken ! Tu saurais arriver à…

- Tu sais, je ne sais pas faire de miracle. Je ne marche pas sur l’eau. Mais je n’accepterai ni compromis, ni compromissions

- Mais, Manneken, pourquoi parles-tu d’un troisième homme ?

- C’est facile à comprendre. Il y a évidemment Adam, qui est le premier. Et puis, je considère que chacun de nous, pris séparément, est en fait le deuxième homme. Et puis vient le troisième, non ?

- Je vois. Alors, bonne chance !

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Manneken-Pis et les banques

oct 12, 2011 by Quentin

J’ai été convié, moi, Manneken-Pis, à participer à la réunion des banquiers de l’UE.
J’ai donc réservé une suite à l’Hôtel des Trois Doges, le long du Grand Canal, avec vue sur le Pont des Soupirs. Pourquoi une suite ? Bien sûr pour pouvoir organiser des rencontres et des discussions serrées entre les différents représentants des grandes banques. J’ai fait des rencontres par groupes linguistiques, des rencontres par groupes bancaires, des rencontres par pays.
Un de ces pays (je crois même que c’était la Belgique) m’a donné bien du fil à retordre.

Et pourquoi ai-je demandé une suite avec vue sur le Pont des Soupirs ?
Eh bien, tout simplement pour y voir passer les banquiers « au dessus de tous soupçons » qui ont entraîné l’ensemble du monde financier dans cette crise.
Car ils seront jugés par le « Tribunal des Indignados », récemment constitué, et qui a son siège dans la Cité des Doges.

Ceci dit, après plus de cinq cents jours d’âpres discussions, souvent terminées au petit matin, je suis enfin arrivé à sauvé une banque.
Que dis-je ?
Non pas une banque, mais toutes les banques.
Oui, je suis parvenu à un accord pour refinancer toutes les banques de l’UE.
Mais ça a été dur, avec des périodes d’accords sur un point, des périodes de blocage sur un autre.
Avec des rapports intermédiaires présentés au Gouverneur de la Banque Centrale du Vatican.
Mais on y est arrivé.

Quelles mesures ont donc été prises ?

Je me suis basé sur le fait qu’il y avait près d’un million d’agences bancaires dans l’UE.
Des simples agences de quartier.
Et puis, il y avait près de quatre cents milliards d’euros de valeurs « douteuses » qu’il y a lieu d’effacer.
Donc si chaque agence bancaire débourse 400 000 €, toutes les valeurs douteuses seront effacées. Et les marchés financiers pourront reparti sur une base saine.
Ca a évidemment été la pierre d’achoppement qui a été un obstacle de taille.

- Certaines petites agences auraient bien du mal à sortir une telle somme.
- Pourquoi ne pas demander cinq mille euro à chaque client ?
- Pourquoi ne pas imposer un montant de un euro pour chaque opération bancaire ?
- Pourquoi ne pas demander à la Fed de dévaluer le dollar ?

Je ne voulais pas que ce soit encore une fois les particuliers qui y perdent.
Ils ont déjà assez souffert de la crise de 2008.
Et puis, je n’avais pas le bras assez long que pour obliger l’administration Obama de prendre ce genre de mesure.

Finalement on a opté, à l’unanimité moins une voix, (je crois que c’était celle de la Belgique), d’une intervention de chaque agence d’un montant de 400 000 € étalés sur huit ans.
En outre, on a créé un « couloir » entre Washington et Bruxelles, ce qui permettrait une zone, dite « serpent monétaire » où l’euro aurait, par rapport au dollar, un cours plus favorable à nous, Européens. Ce couloir comprendrait évidemment tous les Etats de l’UE.

J’en suis sorti très fatigué, mais je vais envoyer, sans tarder, un volumineux dossier à qui de droit, en vue d’obtenir le Prix Nobel des Finances.

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Manneken-Pis et la SNCB

sept 26, 2011 by Quentin

J’ai été surpris quand on m’a contacté au sujet de la gestion de notre Société des Chemins de Fer. Il faut croire que quelqu’un de haut placé a appris que j’ai assisté au Congrès des Chemins de Fer, début septembre.

Bon, j’ai été reçu par le Directeur Adjoint faisant fonction, étant donné que le Directeur en titre était indisponible.

- Donc, Manneken-Pis, on doit faire des économies draconiennes, et cela entrainera des suppressions de petites gares, et des guichets, ainsi que des lignes de trains peu rentables.

- Je vois, Monsieur Le Directeur Adjoint faisant fonction. Mais laissez-moi vous dire que vous n’êtes pas sur la bonne voie.

- Que veux-tu dire par là ?

- Je veux dire que vous êtes mal aiguillé, et que cela vous mènera sur une voie de garage.

- Ah bon ?

- Mais oui. Il ne faut pas supprimer les petites gares. Il ne faut pas faire dans la dentelle. Il faut carrément prendre le mal à la racine.

- Je ne te suis pas, Manneken.

- S’il faut faire des économies, il faut supprimer les grosses gares. Les plus grosses.

- Ah bon ?

- La gare de Bruxelles Midi en premier lieu. La gare du Nord ensuite, et la gare Centrale pour terminer.

- Euh… Et les voyageurs, comment arriveront-ils alors ?

- Ils arriveront par les petites gares autour de la ville. Et de là, ils ont des métros, des trams et des bus à leur disposition. On peut aussi envisager des vélos en libre service.

- Mais…

- D’ailleurs les parkings existent déjà, près des stations de métros tout autour de Bruxelles. C’est dire qu’on y avait déjà pensé. Mais on a encore d’autres solutions.

- Ah bon ?

- Oui. Il faut supprimer tous les guichets. On ne doit plus avoir de guichets en Belgique.

- Là ça me dépasse…

- D’abord il y a toujours des files. Mais ce n’est pas la raison. On économisera ainsi des montants importants.

- Et comment les voyageurs auront-ils leur billet ?

- Mais, Monsieur le Directeur Adjoint faisant fonction, nous sommes tout de même dans l’ère de l’informatique.
Il suffit de mettre une cinquantaine de machines à billets dans les gares. Et puis il y a aussi les journaux.

- Hein ?

- Mais oui. Les Journaux gratuits qui sont déposés dans les gares. Il est normal de demander à l’éditeur de ces journaux de payer les frais d’entreposage, mettons 1 € l’exemplaire.
Et puis il y a les WC.

- Les WC ?

- Oui. En général, dans les lieux publics, on demande 20 cents pour leur utilisation. On peut mettre un système d’ouverture de portes à monnaie pour y accéder dans les trains.
Inutile de dire que l’argent récolté ainsi servira en priorité à avoir des WC propres, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

- Euh…

- Et puis, pourquoi ne pas supprimer les « deuxièmes classes ». Ca obligera les voyageurs à aller en première classe.

- Oui mais, Manneken, les gens n’ont pas toujours les moyens de se payer une première classe.

- J’y ai pensé. Il y aura évidemment une troisième classe, un peu plus chère que la deuxième. Mais là, les WC ne seront pas …

- Oui, je comprends. C’est tout, Manneken ?

- Non. J’y pense tout à coup. La ligne à grand trafic, il faut évidemment la supprimer.

- Ah ? Laquelle ?

- C’est celle qui dessert Bruxelles Airport.

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Janine & Manneken-Pis

sept 18, 2011 by Eli

Lorsqu’il n’est pas nu, Manneken-Pis est le ket belge le mieux habillé, puisqu’il revêt environ une centaine de costumes par an.

Mais qui donc s’attache à lui préparer ses petites affaires, et surtout l’aide à s’habiller le matin ?

Ce matin tôt, au détour de la rue de l’Etuve, nous apercevons Madame Janine Gettemans, Habilleuse officielle de Manneken-Pis.

Voyez comme elle est motivée, à trimbaler tout ce petit matériel, qui annonce une journée festive.
Entre la bonbonne de gaz sous pression, la pompe à bière, et la petite valise de Manneken-pis, il faudrait bien davantage que 2 mains…

Mais Janine est experte, et surtout rompue à cette tâche devenue assez routinière.

En deux temps trois mouvements, une échelle se met en place, la grille s’ouvre, l’eau s’arrête de couler et Janine est dans son élément, face à son cher petit Julien, à la fois virtuose dont la grande précision dans l’art de vêtir le petit ket n’est plus à démontrer, mais aussi toute emplie de tendresse et d’amour pour ce petit personnage.

Attentive à chaque détail, ajustant le moindre petit élément, elle accomplit vraiment sa tâche admirablement.

Tout cela pour le plus grand bonheur des visiteurs, heureux de pouvoir s’émerveiller devant notre ravissant petit ket bruxellois.

Texte : Eli – Photos : Krek

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Manneken-Pis et l’austérité

août 19, 2011 by Quentin

On parle beaucoup de transferts ces temps-ci. Surtout en foot.
Le cas de Lukaku en est un bel exemple.
Il a été acheté par l’équipe de Chelsea pour la « modique » somme de vingt millions d‘euros.
Non, pas exactement.
Lui ne touchera que quatre millions, tandis que son club encaissera le reste.
Ca fera évidemment rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, par le biais des contributions.
Et quand je parle de vingt millions, c’est encore un montant de transfert raisonnable. Certains frisent les septante millions.

Pietje est venu me voir, On a bu une bonne bière ensemble, et évidemment il voulait savoir ce que j’en pensais.

- Tu ne penses pas qu’il faut interdire tous ces transferts ? Tous nos meilleurs éléments qui s’en vont à l’étranger !

- Mais non, Pietje. Au contraire, on devrait les obliger à partir. Plus il y en aura qui partent, et plus on s’enrichira.

- Hein, tu rêves ?

- Mais Pietje, réfléchis un peu. L’Etat recevra des impôts importants sur ce transfert. Peut-être six ou même dix millions.
Et imagine un peu qu’il y a mille personnes qui partent en transfert quelque part,
on aura vite récupéré dix milliards d’euros. Et la Belgique évitera l’austérité.

- Mais comment allons nous trouver mille transferts ?

- Mais Pietje, il n’y a pas que les transferts. On devrait aussi obliger tous les dirigeants de grosses boîtes à recevoir un parachute doré en fin de carrière.

- Allei, Manneken, et quoi encore !

- Quoi encore ? Il y a aussi tous les prisonniers de nos prisons. Quand tu penses qu’ils sont logés, blanchis et nourris gratuitement. Tu sais bien combien ils sont ?

- Un bon quatre cent mille, non ?

- N’exagérons pas : nous en avons modestement dix mille. Si on leur demande 10 € par jour, en pension complète bien sûr, ça fera encore rentrer, bon an mal an, un trente-cinq millions d’euros. Mais
tout ça, c’est rien du tout. J’entrevois des rentrés d’argent phénoménales, qui pourraient être obtenus sans problème.

- Qu’est-ce que tu as encore dans la tête ?

- Pense un peu aux souliers. Dix millions de Belges achètent deux paires par an. On pourrait augmenter le prix de un cent la paire, et ça rapportera à l’Etat quelque chose comme deux cents mille d’euros.

- Bof !

- Mais tu vois bien que si on prend des mesures générales dans ce sens, on arrive à des montants colossaux. Eh bien, Pietje, si tous les prix, tout ce qu’on doit payer, tout, tout, tout est augmenté de
seulement un cent d’€ au bénéfice de l’Etat, un seul tout petit cent d’euro de dix-sept millimètre de diamètre, ce n’est pas lourd, hein, et bien si on fait ça, on gagnera un centième du produit intérieur brut,
et tu sais alors combien ça fait, le centième du PIB ? Eh bien, ça fait soixante milliards d’euros. Alors, l’austérité en Belgique, tu veux rire.

- Soixante milliards d’euros ! Mais attends, tu ne peux pas faire ça, Manneken !

- Et pourquoi pas ?

- Ca augmentera la dette de la Belgique de un cent d’euro.

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Manneken-Pis et le plan C

août 11, 2011 by Quentin

J’en étais sûr, qu’on n’aboutirait jamais à rien avec toutes ces négociations qui tournent en rond.

J’en étais sûr, qu’on devait passer au plan B, et que ça aussi ne pouvait pas arranger les bidons.

Et c’est pourquoi j’ai demandé audience auprès du Roi, pour lui présenter le plan C.
Mon plan C.
Le seul plan qui conduirait la Belgique à la prospérité.
Le plan qui, sans aucun doute, me vaudra le Prix Nobel.

Evidemment Marieke m’a scié les côtes pour savoir de quoi il retourne.

- Non, Marieke, je ne peux pas divulguer le contenu de ma note. N’oublie pas que mon entretien avec le Souverain sera un colloque singulier.

- Mais Manneken, tu sais tout de même que je ne dirai rien.

- Je sais justement que tu es une curieuse mosterpot.

Et alors on s’est disputé comme des chiffonniers. Mais je n’ai rien lâché.
Rentré de mon audience, j’ai écouté d’un air distrait le communiqué du Palais.

- « Manneken-Pis a été reçu au Palais, et a été chargé par le Roi, comme Broebeleur….

- Bon, c’est parfait. Et maintenant, en vitesse à la conférence de presse.

Elle fut réduite au strict minimum et les médias annoncèrent sans tarder qu’à la demande du Roi, Manneken-Pis procèdera, en tant que « Broebeleur », à des échanges interactifs de masses en vue de rencontrer les problèmes actuels auxquels la Belgique est confrontée.

Le lendemain, c’était un dimanche, et j’ai eu juste assez de temps pour organiser ma semaine.

Eh bien, ça a réussi. Le lundi matin, il y avait plus de cent mille manifestants francophones, (moins de dix mille d’après la police), en route pour le Gouvernement Flamand, pour demander, avec la plus grande politesse, un formulaire en français. La consigne, qui leur demandait de rester en place jusqu’à l’obtention de ce papier, a été suivie.

Toutes les personnes qui voulaient acheter un logement dans la partie flamande du pays (et il y en avait brusquement un très grand nombre) se présentèrent auprès des services compétents en vue de demander leur inscription dans des écoles de langue flamande. Leur nombre était estimé à quelque cent mille personnes. (Moins de dix mille d’après la police).
D’autre part, toutes les séances des Conseils Communaux tenues dans les communes à facilité, se sont tenues dans la langue de Voltaire.

Et ce qui devait arriver, arriva.
Devant le nombre impressionnant de personnes qui voulaient apprendre le flamand, les autorités ne purent pas donner satisfaction.
Devant le nombre considérable de personnes en infraction avec la circulaire Peeters, il y eu tant de personnes arrêtées, que les prisons ne pouvaient pas les accepter.

C’est le moment que j’ai choisi alors, pour annoncer que je ferais une grève de la faim, jusqu’à ce que des cours de flamands soient organisés pour ces braves francophones qui en faisaient la demande.
Ca impliquait que mon rôle de pisseur public ne serait plus assuré.

Et là alors, la situation est devenue extrêmement grave.
Il y eu foule à la rue de l’Etuve.
On comptait plus de deux cent mille personnes. (Moins de dix mille d’après la police).

Et l’embouteillage prit rapidement une telle ampleur que la police fut débordée.
Les métros furent bloqués, et les trains désorganisés.
Les retards atteignaient plus de soixante minutes. (Moins de dix minutes d’après la porte parole de la SNCB).

Finalement il y eu un vote à la Chambre des Représentants, exigeant la démission du Gouvernement, pourtant déjà démissionnaire et chargé des Affaires Courantes.

Franchement, je me demande comment on va sortir de cette situation un peu compliquée.

Mais je suis persuadé que d’ici quatre cents jours, grâce à mon plan C, le Royaume de Belgique sera redevenu prospère.

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Manneken-Pis et le zoo

août 5, 2011 by Quentin

- Tiens, pas plus tard que hier, j’ai téléphoné au zoo.

- Ca alors ! Tu as parlé aux singes ?

- Mieux que ça. Au Directeur en personne.

- Et de quoi vous avez parlé, Manneken ?

- De désengorger le zoo.

- Ca alors !

- Oui, il faut que je t’explique. Les animaux du zoo sont en surnombre, pire qu’en prison.

- Allei, donc !

- Comme je te dis. Et le personnel est prêt à faire la grève. Ils ne savent plus suivre.

- Tu vas lâcher les crocodiles ?

- On va demander l’aide de la police.

- Pour nourrir les lions ?

- Non, pour sortir les bêtes.

- Dans la rue ? En laisse ?

- Non, chez les gens.

- Dans les maisons ? Les crocodiles ?

- Mais non, chez les gens qui veulent des animaux de compagnie. Tu sais, les Mesdames avec leur petit chat, et les Messieurs qui sortent le chien le soir avant d’aller dormir. Il y a encore des tas de gens
qui veulent adopter des animaux de compagnie. Et on leur propose des mygales, des girafes et même des chauves-souris.

- C’est chouette, ça. Et ils doivent acheter leur petit animal de compagnie ?

- Non, justement pas. C’est un service gratuit, offert par le zoo. Et le premier qui a demandé, c’est Bart de W. Et tu sais ce qu’il a demandé ?

- Un perroquet ?

- Mais non. Un hippopotame. Et puis est venu la demande d’Eli di R.

- Un serpent à sonnettes ?

- Non, un panda. Et puis, Monseigneur Léonard, qui a demandé une autruche.

- Ah bon !

- Et celui qui s’occupe des trains, il a demandé des escargots.

- Ca alors, c’est une manière ou l’autre de se faire un bon dîner ! Mais comment est venue cette idée ?

- Bof, j’ai demandé s’il ne pouvait pas mettre à la disposition de Farid Bamouhammad, tu sais le prisonnier qui pose problèmes, un animal de compagnie auquel il pourrait s’attacher. C’est de ça qu’il a
besoin. Ca lui redonnera l’espoir et la joie de vivre. Et de là, on a eu d’autres idées

- Et quel animal on va lui offrir ?

- C’est que Farid aurait aimé recevoir justement le seul animal que le zoo n’avait pas encore.

- Ah ? Lequel ?

- Une femme.

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Manneken-Pis et le port de la burqa

juil 24, 2011 by Quentin

Je vous invite tous à la Grande Manifestation pour la défense du port de la burqa et du niqab.

Elle partira de la rue de l’Etuve et se terminera devant la maison de Joëlle M. Et je serai en tête de la manif, nu comme un ver, pour appuyer ces revendications.

Car faut-il donc qu’ils soient aveugles et sourds, nos députés, nos sénateurs, nos ministres, pour essayer de faire passer coûte que coûte une loi qui a déjà été remise en question par un tribunal.

Que voulez-vous : faire et refaire, c’est toujours travailler.

Mais revenons à nos moutons.

On porte atteinte à un droit fondamental : le droit de s’habiller comme on l’entend.

Que diriez-vous si on vous interdisait de porter des longs pantalons sur la voie publique ?

Que l’on vous interdise de porter des moufles en hiver ?

Que l’on oblige les femmes de porter un large décolleté ?

Sauf bien entendu que je ne serais pas contre, sur ce dernier point.

Notons au passage que ça porte un sérieux coup à notre folklore.

- Hé, Manneken, qu’est ce que tu inventes encore ?

- Mais pas du tout. Tu les a déjà vus, les Géants ? Tu crois qu’ils circulent comme ça tout seul ? Il y a évidemment quelqu’un à l’intérieur, qui le fait marcher. Et dont on ne voit que les yeux. Alors quoi ? En prison, et en vitesse !

- C’est pas possible.

Bien sûr que ce n’est pas possible. Surtout que le type prétendra ne pas sortir de son Géant, et qu’il faudra les mettre tous les deux ensemble dans une cellule. Et il faudra dès lors prévoir des grandes cellules, comme dans les banques, où il y a des grands coffres.

- On ne peut pas mettre un bracelet électronique sur le bras du Géant ?

- C’est que le Géant, lui, n’est pas en infraction. Mais il y a encore toutes les répercussions économiques, alors que la Belgique est la cible des Agences de Notation.

- Economiques ou œcuménique ?

- Les deux, si tu veux. Imagine un peu les conséquences dramatiques que ça peut avoir sur un corps de métier aussi important que les scaphandres.

- Hein ?

- Mais oui, ils sont habillés pire que burqa et niqab. En prison, et que ça saute !

- Mais ils ne sont pas dans des lieux publics.

- Comment ? Tu as déjà vu des panneaux « Propriété privée, défense d’entrer » sous l’eau. Des clôtures et tout ça ? Mais ce n’est pas tout. Le tourisme en pâtira. Tu n’as pas idée du nombre de châteaux qui devront fermer leur porte.

- Comment ? A cause de ceux qui portent le niqab ?

- Mais Marijke, tu n’y es pas.

- Mais Manneken, je ne vois pas le rapport.

- Tiens donc. Et les fantômes, ils devront quitter les lieux, non ?

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Manneken-Pis et le non

juil 17, 2011 by Quentin

Le festival de Cannes s’est clôturé en beauté, et mon film a obtenu pratiquement tous les prix.

- Et Manneken, comment est tu arrivé au nom de ton film ? C’est tout de même un drôle de nom, NON, pour un film. ?

- Sapristi, je ne pouvais, pour ce film, vraiment pas trouver de nom mieux approprié que celui-là, non ? Un film qui s’appelle NON, pourquoi pas, non ?

- Et il raconte quoi, ce film ?

- C’est à la fois un long métrage et un documentaire. Il décrit la longue crise que la Belgique a traversée depuis plus d’une année.

- Et quels sont les prix que NON a remportés ?

- D’abord le prix du meilleur acteur masculin, attribué à Bart de W.

- Non !

- Et celui de la meilleure interprétation féminine, pour Joëlle M.

- Non !

- Et puis le Prix du meilleur scénario, pour Bart de W..

- Non !

- Et le Prix du Public, pour Bart de W.

- Non !

- Et le Prix du Meilleur Dialogue, pour Bart de W.

- Non !

- Le Prix du film le Plus Long, aussi.

- Non !

- Et le Prix du meilleur Film Etranger.

- Non !

- Et le Prix du Meilleur Metteur en Scène, à Bart de W.

- Non !

- Et le Prix de la Meilleure Finale.

- Mais Manneken, la finale, en réalité, il n’y en a pas, non ? Comment es-tu alors arrivé à cette finale ?

- Mais non, pas du tout. La finale de mon film est réaliste au plus haut point.

- Non mais tu divagues ? Raconte comment elle est, la finale.

- Hé bien, Jefke, il y a la démarche du Souverain, qui demande à chacun de prendre le temps de réflexion, pour arriver à une solution. Et si tu analyses cette demande, alors tu trouves aussi la solution au
problème.

- Awel, Manneken, là tu m’épates !

- Mais non, c’est très clair. Il demande de ne pas tomber dans le piège de ce qu’on appelle la « fatigue de l’esprit ».

- Peut-être que je suis un peu fatigué, mais je ne vois pas où tu veux en venir.

- Bon, c’est un peu compliqué, mais je vais essayer de t’expliquer. Quand un problème te sembles un rien compliqué, tu as tendance à dire ; » c’est beaucoup trop compliqué » et tu laisses tomber. C’est
ça la fatigue de l’esprit. Et la crise actuelle n’est rien d’autre que ça.

- Et raconte-moi la finale.

- Voilà : tous les intervenants se mettent enfin à la table de discussion.

- Ah ça non, je n’y crois vraiment pas.

- Tu veux m’écouter, non ? Et ils se mettent d’accord une fois pour toute sur la scission de la Belgique. Pas le long de la frontière linguistique, mais selon les frontières actuelles du Royaume.

- Mais c’est quoi cette blague ? Il y a scission, ou non ?

- On fait la scission à exactement 1 millimètre de la frontière actuelle du Royaume.

- Alors on perd un millimètre le long de la totalité du contour de la Belgique.

- Ce n’est pas perdu. On donne ces terres aux Pays-Bas, à l’Allemagne, au Grand-duché et à la France.

- Et après, Manneken ?

- Les Flamands gouvernent en toute démocratie, avec l’aide bien sûr des Bruxellois et des Wallons, sans oublier les Germanophiles. Toute entorse à la Constitution ou aux principes de la Démocratie étant
soumise au Conseil de l’Europe, qui jugera.

- Et Bruxelles, là-dedans ?

- Bruxelles, c’est un peu comme le Vatican : une Région à part entière qui est le Siège Permanent de l’Union Européenne. Un Etat Europe, dont il faudra définir ses compétences et son statut.

- Non mais !

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Manneken-Pis, le muet et les sourds

juil 2, 2011 by Quentin

Il faut que je vous raconte. J’ai un ami. C’est un Grec.
Il est de Patras, mais habite dans mon quartier, les Marolles. Il est venu me voir, parce qu’il est compositeur, et pour le moment il fait un opéra.
Alors il m’a demandé de l’écouter.

- Mais Achille c’est quoi, le thème ?

- Le thème ? C’est un dialogue entre un Muet et quelques personnages de second rang, qui sont Sourds.

- Tiens ? C’est bien trouvé, ça. Ce n’est pas une histoire d’amour ? Tu sais, un couple et une autre femme ?

- Tu veux parler du triangle amoureux ? Non.

- Mais alors, c’est quoi l’intrigue ?

- Le pays est en déconfiture totale, et le Muet doit demander de l’argent aux Sourds, qui, évidemment, ne veulent rien entendre, mais proposent des remèdes dignes d’Arlequin, qui ne peuvent que faire
crever le pays du Muet.

- Oui mais, qu’est ce qu’il dit alors, le Muet ? Il ne va tout de même pas accepter des conditions défavorables. S’il accepte, ce sera certainement la révolution, non ?

- Mais justement il ne dit rien.

- Parce qu’il n’a rien à dire ?

- Non, il a des idées à revendre, mais il est muet comme une carpe.

- Dis, Achille, c’est un opéra bouffe ?

- Je crois que c’est plutôt une tragédie.

- Quels sont alors les arguments du Muet ?

- Hé, je ne peux pas te les citer toutes comme ça. Mettons qu’il demanderait que les Sourds prennent des mesures de redressements plutôt que des mesures d’enterrements.

- Et les Sourds font la sourde oreille ? Peut-être que le Muet ne sait pas se faire entendre.

- Tiens, il propose que les Sourds prennent en charge l’Education.

- Bigre, ce n’est pas bête, ça…

- Et qu’ils leur fournissent une petite centaine d’avions A 320, autant de bateaux, de trains et tout ce qui peut donner un nouvel essor au pays. Qu’ils modernisent tout ce qui touche au Tourisme.

- Pas d’accord pour les bateaux, Achille.

- Pourquoi ?

- J’ai le mal de mer. Mais continue.

- Que les familles des Sourds parrainent les enfants du pays, et les invitent, tous frais payés, pour leurs vacances. Que le chômage soit payé par les Sourds. Enfin, tu vois le genre.

- Je vois que le Muet semble avoir des idées précises. Et les Sourds, dans tout cela, vont-ils finalement accepter ce marché-là ?

- Oui, car, tout étant payé directement par les Sourds, il n’y a pas d’argent détourné. Et puis, ça leur coûtera tout compte fait, bien moins cher. Et de plus, le Muet leur offre des garanties non négligeables.

- Ah ?

- Oui. Chaque montant sera garanti par une œuvre d’art des musées. Elle deviendra nue propriété des Sourds jusqu’au rétablissement du pays.

- C’est un bon livret. Mais tu sais, Achille, tu auras bien difficile de trouver des acteurs à la hauteur des rôles à pourvoir. Mais ça finit toujours par un ballet, les opéras, non ?

- Bien sûr. J’y ai pensé. Les Sourds danseront sur l’air de « Alouette, gentille alouette » sous la conduite du Muet.

- Ca alors ! Des Sourds qui dansent au son de la musique. Si je comprends bien, il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre.

- Que veux-tu? « Is mute who wants to.”

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Manneken-Pis et l’avenir de Bruxelles

juin 21, 2011 by Quentin

Tout le monde le sait : Bruxelles est la capitale de l’Europe. Et j’en suis fier, comme tous les bons bruxellois. Une fierté mêlée d’un sentiment de manque.
Je m’explique. Il y a dans la nature humaine un constant désir d’obtenir davantage. Que ce soit de l’argent ou de la reconnaissance, ou que sais-je encore.
Et voilà que j’ai le sentiment d’un manque. Ou plutôt, qu’il manque quelque chose à Bruxelles.

J’en ai tâté un mot à Aldegonde, « la glasbolleke » comme on l’appelle, à cause de sa boule de cristal qu’elle utilise tous les ans à la kermesse de Bruxelles.

- Mais Manneken toch, Bruxelles c’est Bruxelles. D’ailleurs je vais te dire ce que Bruxelles va devenir.

Et elle a sorti sa boule de cristal de son armoire, et l’a posée sur un napperon sur la table.

- Assieds-toi.

Et voilà ce qu’elle a vu.

- Je vois l’Ommegang et le combat des Echassiers. Je vois aussi la Plantation du Meiboom. Et puis un Tapis de Sable. Et encore un Mariage. Oui, un Mariage de Géants de Bruxelles. Mais je ne sais pas lequel.

- Mais Aldegonde, moi je ne vois pas tout ça.

- T’occupes ! Faut pas m’interrompre, sans quoi toutes les images se troublent. Alors je vois comme une ruée d’abeilles. Oui, c’est un essaim. Je vois l’abeille reine. Et voilà que tout l’essaim s’élève dans le ciel. Il se dirige vers l’hôtel de ville. Il arrive sur le clocher, à la statue de Saint Georges qui tue le Dragon. Tout l’essaim tournoie autour de la statue. Oh, c’est invraisemblable : voilà un autre essaim qui s’approche, et un autre encore. Il y a tant d’abeilles que le ciel commence à s’assombrir. Et ça continue, il y en a de plus en plus. Je vois le Dragon qui se met à cracher du feu. Et j’entends les canons de la Porte de Hal. Et maintenant, des cloches, celles de Londres, de Westminster. Et voilà qu’une nuée d’étoiles arrive, et entoure les abeilles. Il y en a quarante-huit. Et voilà trois caravelles qui arrivent en rasant les toits des maisons. Sur la première des caravelles, je reconnais Christophe Colomb. Et ici je vois une momie qui monte vers le ciel, et quelqu’un qui en sort. C’est Ramsès II et il tient en main un ankh, symbole de vie. Il tourne autour du clocher. Il pose l’ankh sur la pointe du clocher et disparaît.

- Tout ça dans le ciel !

- Chutt…. Oh, voilà un tapis volant. Il y a un homme assis dessus. C’est Aladin. Lui aussi, il pose quelque chose sur la pointe du clocher. C’est une lampe à huile. Et maintenant j’entends des murmures qui vont en s’amplifiant. Il s’agit d’une armée de moulins à prières. Ils sont suivis d’une quantité de cerfs-volants chinois. Et ici, je vois une armée entière en terre cuite ; c’est l’intrépide armée de Qin Shi Huang avec ses officiers, ses fantassins et ses chevaux. Et maintenant voilà qu’arrive un samouraï, le célèbre Musashi Miyamoto, armé de son wakizashi.

- On dirait un match de foot commenté en direct.

- Tais-toi donc, Manneken. Ils ont tous disparus. Il n’y a plus rien du tout dans ma boule de cristal.

- Et ça veut dire quoi, tout ça ?

- Tu veux vraiment le savoir ? Eh bien, les abeilles, ce sont toutes les nations du globe. Les quarante-huit étoiles et Christophe Colomb représentent sans aucun doute le continent américain. Ramsès II représente l’Afrique. Finalement tous les continents sont représentés, et le message est on ne peut plus clair.

- Pour toi, oui.

- Mais non. Il montre la prochaine accession de Bruxelles au titre de capitale du monde.

- Bruxelles, capitale du monde ? Alors je serai le plus vieux ketje du monde. Chouette !

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